Famille et politique

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Référence bibliographique [9723]

Houle, Gilles. 1983. «Famille et politique ». Conjoncture, no 3, p. 51-61.

Fiche synthèse

1. Objectifs

Intentions :
« De quoi sont faites ces relations [familiales] dont le caractère élémentaire est précisément de permettre par ces liens la reproduction de la société dont ces gens sont les membres constituants. [...] Nous nous intéresserons particulièrement à la fonction politique de ces liens dont la structure est expressive de toute société puisqu’à son fondement, mais aussi de toute politique puisqu’au fondement de toute transformation de cette société. » (p. 52)

Questions/Hypothèses :
La famille a occupé une place centrale dans l’Histoire du Québec. « L’industrialisation du Québec, l’urbanisation conséquente de la famille n’y changeront que peu de choses jusqu’aux années 60 qui, comme nous essaierons de le démontrer, verront son éclatement. » (p. 53)

2. Méthode


Type de traitement des données :
Réflexion critique

3. Résumé


« L’analyse de la transformation de la société québécoise et de la génèse de la conscience politique de cette transformation permet d’apprécier qu’elle n’est en rien réductible à une simple domination économique. L’analyse de la structure économique dans sa domination ne permet guère que de décrire cet état de fait sans que ne soit fournie quelque explication de ce processus historique dont cette situation est la résultante. Ces considérations sont premières et il n’est pas facile de retrouver la famille dans cet état de fait. Si un nouveau rapport économique est au fondement des rapports sociaux désormais vécus, la contradiction qui permet de les expliquer est faite de ces anciens rapports et d’un nouveau rapport économique dès lors constitutif des rapports sociaux vécus, d’une nouvelle structure de classes. [...] La famille est toujours politique tant elle est l’expression d’un rapport social ancien qui fut dépassé dans un nouveau rapport économique; d’un rapport économique nouveau qu’il n’est possible de vivre que dans un rapport social ancien. Si cette domination est économique, elle ne saurait cependant s’expliquer que dans cette double structuration du rapport au monde constitutif de ce type de société. Ces anciens rapports présentaient un caractère de totalité qui a éclaté, laissant place à cette contradiction, au fondement des rapports sociaux actuels. Le dépassement de cette contradiction, s’il est économique, demeure aussi politique ou idéologique dans la mesure où du point de vue des fondements de la conscience de classe il exige rien de moins que le dépassement d’un rapport économique vécu comme rapport de parenté, à l’exemple du Centre-Sud, d’un rapport social vécu comme économique à l’exemple d’Outremont. Dans la reconstitution de la totalité de ces rapports sociaux, non par un retour à la famille traditionnelle mais au sein de rapports sociaux nouveaux, constitutifs d’une famille nouvelle. » (pp. 59-60)