Le ''revenu familial'' : un concept aveugle aux comptes amoureux des jeunes couples

Le ''revenu familial'' : un concept aveugle aux comptes amoureux des jeunes couples

Le ''revenu familial'' : un concept aveugle aux comptes amoureux des jeunes couples

Le ''revenu familial'' : un concept aveugle aux comptes amoureux des jeunes coupless

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Référence bibliographique [955]

Belleau, Hélène. 2010. «Le ''revenu familial'' : un concept aveugle aux comptes amoureux des jeunes couples». Dans La jeunesse n’est plus ce qu’elle était : colloque de Cerisy , sous la dir. de Jacques Hamel, Pugeault-Cicchelli, Galland, Olivier et Cicchelli, Vincenzo, p. 315-327. Rennes: Presses universitaires de Rennes.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« L’objectif de cette réflexion est d’examiner les comptes amoureux des jeunes couples sous l’angle du ’revenu familial’. » (p. 315)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« L’analyse s’appuie sur des données d’enquêtes réalisées auprès de 48 individus vivant dans 38 situations conjugales différentes. » (p. 316)

Instruments :
Guide d’entretien semi-directif

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« La spécialisation des sexes dans la société industrielle entre les rôles de ménagère et de pourvoyeur impliquait que, pendant des décennies, des salaires ont été payés non seulement en fonction du travail accompli (au sens de force de travail), mais aussi en lien avec ces rôles spécifiques. Aux hommes revenait un salaire ’familial’ [et] aux femmes […] revenait un salaire moindre dit ’d’appoint’ […]. Cependant, au fils des ans, les règles générales du droit de la famille au Québec ainsi que la fiscalité ont reconnu de plus en plus l’égalité, l’autonomie et l’indépendance des conjoints. Cette tendance à mettre l’accent sur l’individu plutôt que sur la famille et les liens d’interdépendance qu’elle suppose est certes en phase avec l’idéal des relations conjugales dans le contexte de la modernité. […] La prise en compte du revenu familial pour évaluer le niveau de vie des individus semble encore aujourd’hui renvoyer à la structure holiste de la famille […] soit celle qui ’de deux ne fait qu’un’. Or, elle était autrefois à la fois hiérarchique et pérenne alors qu’aujourd’hui on la dit égalitaire, mais incertaine. Ce sont ces deux premières qualités qui ont permis de croire à l’existence du ’revenu familial’ et qui révèlent désormais qu’on ne peut le poser a priori ni dans les transactions financières des jeunes couples, ni dans leurs conceptions. En somme, il serait sans doute plus adéquat de considérer les revenus des conjoints individuellement, mais de reconnaitre, comme autrefois, les charges familiales qui s’inscrivent dans le temps long des individus et des familles. » (p. 325-6)