Filles-mères, familles et société sous le régime français

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Référence bibliographique [9233]

Cliche, Marie-Aimée. 1988. «Filles-mères, familles et société sous le régime français ». Histoire Sociale / Social History, vol. 21, no 41, p. 39-69.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Retourner dans le passé pour étudier, par le biais d’une analyse de cas de procédures judiciaires concernant les filles-mères, les attitudes et réactions de la population québécoise face aux naissances illégitimes, « pour voir quelles normes la société de chaque époque imposait en matière de sexualité. » (p. 39)

Questions/Hypothèses :
- Dans quel contexte se déroulaient les liaisons sexuelles de ces jeunes filles et quelle était la nature des enquêtes à ce sujet lors des procès?
- Quelles étaient les positions institutionnelles adoptées dans les cas de grossesses hors mariage?
- Quels types de recours judiciaires s’offraient aux jeunes filles-mères et quels étaient les objectifs des poursuites civiles intentées à l’endroit du père de l’enfant illégitime?
- Quelle était, selon la loi, la part de responsabilité de l’acte sexuel attribué aux hommes?
- Quelles étaient les réactions de l’entourage et de la famille à l’annonce d’une grossesse illégitime et quelle était l’opinion populaire concernant les jeunes filles-mères?

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Documents judiciaires divers: archives judiciaires, registres d’état civil

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Grâce aux registres d’état civil, les démographes ont pu calculer avec le maximum de précision le nombre de naissances illégitimes sous le Régime français. Parallèlement, les archives judiciaires et notariales révèlent les circonstances entraînant les grossesses hors mariage et les réactions de l’entourage face à cette situation. L’étude de 137 cas de ce genre, principalement des procès pour rapt et paternité naturelle, a permis de reconstituer les normes de comportement sexuel en vigueur en Nouvelle-France, les rôles assignés aux filles et aux garçons en ce domaine, et l’échelle de tolérance de la société et des juges dans le cas des infractions d’ordre sexuel. On arrive à la conclusion que les hommes jouissaient d’une plus grande liberté sexuelle que les femmes, mais que la loi et la coutume les obligeaient à assumer leurs responsabilités de géniteurs. Quoique défavorisées par le système patriarcal, les filles-mères bénéficiaient quand même d’une certaine protection légale. » (p. 39)