Autonomie financière, reconnaissance économique du travail de maternage et crise de l’État-Providence : la lutte de la coalition des femmes pour les allocations familiales

Autonomie financière, reconnaissance économique du travail de maternage et crise de l’État-Providence : la lutte de la coalition des femmes pour les allocations familiales

Autonomie financière, reconnaissance économique du travail de maternage et crise de l’État-Providence : la lutte de la coalition des femmes pour les allocations familiales

Autonomie financière, reconnaissance économique du travail de maternage et crise de l’État-Providence : la lutte de la coalition des femmes pour les allocations familialess

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Référence bibliographique [9129]

Bélanger, Lucie et Boyer, Ginette. 1989. «Autonomie financière, reconnaissance économique du travail de maternage et crise de l’État-Providence : la lutte de la coalition des femmes pour les allocations familiales». Mémoire de maîtrise, Montréal, Université du Québec à Montréal, Département de sociologie.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
S’intéresser à l’autonomie financière des femmes à travers la lutte aux allocations familiales qu’elles considèrent comme une mesure directement attachée au travail de maternage (p. VII)

Questions/Hypothèses :
« Dans la conjoncture actuelle de crise de l’État-Providence, comment comprendre cette pauvreté au féminin qui persiste? Sur quel chemin s’engager pour identifier les conditions d’un accès réel à l’autonomie financière pour les femmes, tout en prenant en considération le travail de maternage? Comment retracer le vécu des femmes dans leur rapport à l’argent, à l’intérieur d’une semblable dynamique? » (p. 5)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Témoignages des membres de la Coalition des femmes pour les allocations familiales aux audiences du Comité législatif examinant le projet de loi C-70 [Projet de loi C-70, Loi modifiant la loi de 1973 sur les allocations familiales] (p. VII)

Instruments :
Grille de catégories

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« En procédant à une analyse de contenu du témoignage des membres de la Coalition des femmes pour les allocations familiales aux audiences du Comité législatif examinant le projet de loi C-70, nous avons constaté que les Québécoises se sont nettement attribué les allocations familiales comme source de reconnaissance économique de leur travail de maternage. Malgré la petitesse relative des sommes en jeu, elles considèrent également les allocations familiales comme un outil appréciable pour rompre la dépendance économique vis-à-vis leur conjoint. En effet, l’archarnement des femmes à se battre contre la désindexation des allocations familiales -une perte de 6¢ par jour, pour deux enfants-, témoigne avec éloquence de la pauvreté des mères : pauvreté de celles qui sont cheffes de famille monoparentale, bien sûr, mais également pauvreté cachée de beaucoup de femmes vivant au sein de familles biparentales dont le revenu dit familial est pourtant plus élevé. En faisant l’exercice de proposer des alternatives à la désindexation des allocations familiales tout en demeurant à l’intérieur des contraintes évoquées par le gouvernement, les membres de la Coalition réfutent le fameux argument du déficit et, du coup, contribuent à la démystification du caractère foncièrement patriarcal de l’État. Il appert dès lors que la crise de l’État-Providence s’inscrit dans une phase de restructuration du patriarcat qui n’est pas sans révéler la menace que représente toute mesure sociale procurant aux femmes une marge, si minime soit-elle, d’autonomie. Sans ignorer le contrôle social qu’exerce l’État comme institution patriarcale, cette analyse permet enfin de mettre en perspective la part non négligeable de socialisation du travail de maternage qui s’est opérée à travers l’État-Providence. D’où notre insistance à considérer de telles mesures sociales comme un acquis fondamental pour les femmes et à rappeler l’urgence d’occuper l’espace politique ainsi créé. » (p. VII)