La mère sans ombre?

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Référence bibliographique [8797]

Tahon, Marie-Blanche. 1990. «La mère sans ombre? ». Recherches Féministes, vol. 3, no 1, p. 97-109.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Utiliser un fait divers, soit la demande de Jean-Guy Tremblay à un tribunal québécois d’interdire à sa compagne d’avorter de l’enfant qu’elle portait, comme prétexte à l’étude de la remise en cause du statut de la matenité « dans une société durablement marquée par l’État-providence et par le mouvement féministe. » (p. 97)

Questions/Hypothèses :
- « La mère est un spectre qui hante la femme. Pas seulement au plan symbolique. Au plan politique aussi. Comment tenter de problématiser ce noeud? On pourrait s’attendre à ce que la mère trop certaine fasse disparaître la femme. L’hypothèse ici présentée consiste au contraire à proposer la disparition de la mère. » (p. 97)
- « La tentative de sortir les femmes de la nature n’a-t-elle pas contribué à immerger la maternité dans le biologique? » (p. 98)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Données documentaires diverses dont plusieurs ouvrages anthropologiques: Clastres 1974, Godelier 1982, Mead 1966

Type de traitement des données :
Analyse de contenu, réflexion critique

3. Résumé


« Un fait divers - la prétention d’un homme à faire attester sa paternité par un tribunal - est prétexte à remettre en cause une nouvelle fois le statut de la maternité, aujourd’hui, dans une société durablement marquée par l’État-providence et par le mouvement féministe. [...] Pour désarticuler la symbiose femmes-mères, il ne suffit pas de prendre acte de transformations étatiques. Il faut s’interroger sur la signification de ’l’être-mère’. Une lecture de quelques textes anthropologiques permet de reconsidérer la liaison pouvoir/charge d’être mères et l’asservissement des femmes. De déplacer la charge de la maternité vers le maternage. De la prise en charge des enfants à la prise en charge des hommes. Ce déplacement éclaire un des enjeux qui se situe dans la dissymétrie entre la certitude d’être mère et l’incertitude d’être père. Cette dissymétrie rend trop immédiate la dette à l’égard de la mère, une dette dès lors à contourner, à nier. En niant la femme. Une dette qui va pouvoir enfin s’éteindre, en tout cas politiquement s’estomper, avec l’entrée en scène de l’État-providence. En instaurant des rapports sociaux entre les sexes, celui-ci permet ’l’émancipation des femmes’, il affranchit les femmes de la servitude politique d’être mères. Il le fait au prix de redoubler la certitude d’être mère. Double certitude qui dès lors barre la voie au symbolique de la maternité et la place dans la biologie. L’inclusion des femmes dans le politique serait à ce prix. Tel est du moins l’objet de questionnement de cet article écrit dans une perspective de ré-ouverture du ’dossier’ de l’avortement. » (p. 97)