Attachement à la mère et délinquance à l’adolescence

Attachement à la mère et délinquance à l’adolescence

Attachement à la mère et délinquance à l’adolescence

Attachement à la mère et délinquance à l’adolescences

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Référence bibliographique [8334]

Melançon, Christian. 1993. «Attachement à la mère et délinquance à l’adolescence». Mémoire de maîtrise, Montréal, Université de Montréal, Département de Psychologie.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Le présent travail se propose d’analyser la qualité du lien d’attachement à la mère auprès d’adolescents manifestant certaines difficultés d’adaptation prenant la forme de délinquance et auprès d’adolescents non-délinquants. Il s’agit en l’occurrence de comparer la qualité de l’attachement à la mère (dimensions d’affection et de contrôle) chez trois groupes distincts d’adolescents (non-délinquants, délinquants non-officiels, délinquants officiels). » (sommaire)

Questions/Hypothèses :
« Il est attendu que le lien d’attachement à la mère des adolescents non-délinquants soit plus fort que celui des adolescents délinquants et que parmi ces derniers, le lien d’attachement des délinquants non-officiels soit plus fort que celui des délinquants officiels. » (sommaire)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« L’échantillon se compose de 188 adolescents, garçons et filles, âgés entre 14 et 19 ans. Le premier groupe (délinquants officiels) est formé de 71 adolescents provenant de trois centres d’accueil de la région de Montréal. Ils sont hébergés en vertu d’une ordonnance de placement obligatoire selon l’article 20 de la Loi sur les jeunes contrevenants ou de l’article 38 de la Loi sur la protection de la jeunesse. Les deux autres groupes sont extrait d’un échantillon d’adolescents recrutés dans deux écoles secondaires de la région de Montréal. D’abord le groupe délinquant non-officiel est composé de 71 adolescents retenus pour leur score élevé à l’échelle de délinquance révélée. Enfin le groupe non-délinquant est constitué de 46 sujets obtenant un score faible à l’échelle de délinquance révélée. » (sommaire)

Instruments :
« La qualité de la relation d’attachement à la mère est mesurée à l’aide du questionnaire sur la qualité des relations parentales, lequel a été composé par une équipe de recherche de l’Université de Montréal s’intéressant aux relations parents-adolescent. » (sommaire)

Type de traitement des données :
Analyse de contenu, analyse statistique

3. Résumé


« Le présent travail se propose d’analyser la qualité du lien d’attachement à la mère auprès d’adolescents manifestant certaines difficultés d’adaptation prenant la forme de délinquance et auprès d’adolescents non-délinquants. Il s’agit en l’occurrence de comparer la qualité de l’attachement à la mère (dimensions d’affection et de contrôle) chez trois groupes distincts d’adolescents (non-délinquants, délinquants non-officiels, délinquants officiels). [...] L’analyse des résultats révèle que l’attachement à la mère est plus marqué et laisse place à plus d’expérience d’affection, de proximité, de chaleur et de support pour les adolescents non-délinquants par rapport aux adolescents délinquants. Parmi ces derniers, l’attachement est le moins marqué et véhicule un sentiment de rejet et d’aliénation pour les adolescents du groupe délinquant-officiel par rapport à ceux du groupe non-officiel. Par ailleurs, un contrôle maternel plus serré semble prévenir la délinquance mais seulement pour les garçons. En outre, la mesure de contrôle discrimine les non-délinquants des délinquants, mais pas les deux groupes de délinquants entre eux. Les filles des trois groupes rapportent sensiblement le même degré de contrôle maternel. Les résultats obtenus démontrent aussi que la dimension de l’attachement est plus apte à différencier les adolescents selon leur statut (non-délinquants, délinquants non-officiels, délinquants officiels) par rapport à la dimension de contrôle. Par ailleurs, l’impression de l’adolescent du rejet de la part de la mère a plus d’influence que la perception d’affection sur son comportement. Ces résultats s’inscrivent dans le courant de recherche démontrant l’importance des liens d’attachement aux parents, particulièrement à la mère sur l’adaptation personnelle des adolescents, en général et sur la délinquance en particulier. Le sentiment de sécurité qui découle de la confiance en la disponibilité physique et psychologique d’une figure d’attachement permet l’exploration autonome de l’environnement et par conséquent, le développement d’une capacité d’adaptation. Pour ces adolescents percevant un manque d’affection et du rejet de la part de leur mère, l’agir délictueux devient alors source de stimulations artificielles venant combler leur inadaptation face aux gens et à l’environnement. » (sommaire)