Nationalisme et politiques sociales au Québec depuis 1867 : un siècle de rendez-vous manqués entre l’État, l’Église et les familles

Nationalisme et politiques sociales au Québec depuis 1867 : un siècle de rendez-vous manqués entre l’État, l’Église et les familles

Nationalisme et politiques sociales au Québec depuis 1867 : un siècle de rendez-vous manqués entre l’État, l’Église et les familles

Nationalisme et politiques sociales au Québec depuis 1867 : un siècle de rendez-vous manqués entre l’État, l’Église et les familless

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Référence bibliographique [8149]

Marshall, Dominique. 1994. «Nationalisme et politiques sociales au Québec depuis 1867 : un siècle de rendez-vous manqués entre l’État, l’Église et les familles ». British Journal of Canadian Studies, vol. 9, no 2, p. 301-347.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Examiner, depuis la fin du 19e siècle, l’évolution des positions de l’État et de l’Église concernant l’intervention de l’État dans la sphère familiale.

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Données documentaires diverses

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Au Québec, il y a toujours eu des élites pour se préoccuper de la taille et du bien-être des familles au nom de l’avenir de la nation. Tour à tour, elles ont fait parvenir aux gouvernements de la province des projets de politiques sociales qui encourageaient les familles à s’agrandir et les aideraient à prospérer. On s’attendrait à ce qu’à leur suite les gouvernements provinciaux se soient engagés à fond dans l’élaboration de politiques familiales. Pourtant, les dirigeants de la province n’ont adopté en définitive que très peu de mesures sociales à saveur nationaliste. Jusqu’en 1960, deux rationalités distinctes, le libéralisme des dirigeants politiques et l’anti-étatisme des élites clérico-nationalistes, se sont conjuguées pour empêcher toute avance considérable de la politique sociale au sein de l’État québécois. La première partie de cet article traite des intérêts respectifs que l’Église et l’État avaient à perpétuer cette concorde contre l’intervention de l’État dans les domaines de l’éducation et de l’assistance. La seconde partie est, pour la plupart, l’histoire d’ exceptions à la règle. [...] Le pari de cette section est qu’en scrutant de près les conditions de l’élaboration de politiques sociales ’anomaliques’, on puisse en arriver à une meilleure compréhension de l’étendue et des limites de l’entente entre les deux structures de pouvoir. Plus largement, ces deux sections dessinent une carte des zones de rencontre et des zones de conflit entre deux idéologies distinctes, libéralisme et clérico-conservatisme, à la fois chez les gouvernements et chez les électeurs. Le développement de programmes publics de sécurité sociale à l’endroit des familles québécoises ne débuta véritablement qu’avec les allocations familiales fédérales de 1945 et les nationalistes québécois n’arrivèrent pas à modeler la loi à l’image de leurs rêves. Cet acte de naissance, signé à l’encre d’un autre nationalisme, canadien celui-là, allait avoir pour la nature et la légitimité des politiques sociales de la province des conséquences institutionnelles et idéologiques importantes. C’est à cet épisode que la troisième section s’attache. La majorité des politiques familiales provinciales ne datent que de la révolution tranquille des années 1960. Cet article se termine par une discussion des circonstances qui ont tout à coup rendu possible la fabrication de programmes sociaux nationalistes, pour exposer aussitôt la fragilité de ce nouveau contexte alors que la pensée nationaliste sur la famille et sur l’État était elle-même en pleine transformation. » (p. 302)