Modernité, filiation et pratiques d’adoption

Modernité, filiation et pratiques d’adoption

Modernité, filiation et pratiques d’adoption

Modernité, filiation et pratiques d’adoptions

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Référence bibliographique [8136]

Ouellette, Françoise-Romaine. 1994. «Modernité, filiation et pratiques d’adoption». Dans Entre tradition et universalisme , sous la dir. de Françoise-Romaine Ouellette et Bariteau, Claude, p. 259-272. Québec: Institut québécois de recherche sur la culture.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Analyser le mouvement actuel de remise en cause de la notion de filiation, basée sur une recherche portant sur les pratiques et les prises de position d’organisations mobilisées sur l’adoption. L’auteure tente de démontrer que « Les adoptions contemporaines ne sont plus qu’accessoirement au service de la lignée et de la relance des générations. Elles sont faites dans l’intérêt de la personne mineure et au service des adultes qui adoptent et des institutions. » (p. 268)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Les données utilisées sont principalement tirées d’une étude antérieure de l’auteure (Ouellette et Séguin 1992; Ouellette, 1992)

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Les règles d’attribution des statuts de filiation étaient socialement et culturellement abordées, jusqu’à récemment, comme une référence indiscutable dépassant le champ des interventions individuelles et ayant un sens pour tous. Les écarts à la règle représentaient une transgression. Néanmoins, dans les sociétés occidentales de la modernité avancée, l’organisation sociale et juridique de la filiation se révèle maintenant objet de controverses et de redéfinitions. Sa dimension normative ainsi que sa fonction de médiation des rapports qu’ont les individus entre eux et avec l’État sont disqualifiées. De plus en plus, la relation de filiation est envisagée comme une relation duelle, volontaire et potentiellement réversible, centrée sur l’enfant, au service des personnes individuelles. Je veux ici considérer ce mouvement de remise en cause de la filiation en prenant l’exemple de l’adoption telle qu’elle se présente au Québec dans les années 1990. Je m’appuie sur une recherche réalisée récemment qui portait sur les pratiques et les prises de positions des principales organisations mobilisées sur l’adoption, ainsi que sur les valeurs et les normes qu’elles véhiculent (Ouellette et Séguin 1992; Ouellette, 1992). Je montrerai que l’adoption est actuellement pratiquée moins en référence à l’organisation de la parenté (et à ses fonctions identitaires, pour les sujets qu’elle inscrit dans un réseau de liens de consanguinité et d’alliance) qu’en référence à des droits et intérêts individuels ou à des revendications particularistes, ou encore en rapport avec les besoins des administrations chargées de la protection de l’enfance. En ce sens, l’adoption participe d’un mouvement de redéfinition du lien social et du pouvoir. Les différents principes et valeurs mis de l’avant pour déterminer ce qui est bon, juste ou légitime en matière de transferts d’enfants et d’adoption témoignent de ce déplacement dans la manière d’aborder le rapport des sujets humains aux institutions. » (p. 260)