Famille ouvrière à Montréal. Âge, genre et survie quotidienne pendant la phase d’industrialisation

Famille ouvrière à Montréal. Âge, genre et survie quotidienne pendant la phase d’industrialisation

Famille ouvrière à Montréal. Âge, genre et survie quotidienne pendant la phase d’industrialisation

Famille ouvrière à Montréal. Âge, genre et survie quotidienne pendant la phase d’industrialisations

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Référence bibliographique [8033]

Bradbury, Bettina. 1995. Famille ouvrière à Montréal. Âge, genre et survie quotidienne pendant la phase d’industrialisation. Montréal: Boréal.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
- « Ce livre examine les permanences et les changements dans la façon dont les hommes, les femmes et les enfants de la classe ouvrière se nourrissaient, se vêtaient et se logeaient entre 1861 et 1891, alors que Montréal se transformait peu à peu en une ville industrielle. » (p. 14)
- Voir ce que les structures familiales révèlent sur la façon dont les couples et les femmes seules utilisaient leur espace résidentiel.
- « L’un des principaux objectifs du présent ouvrage est justement de mettre en lumière et de comprendre la division sexuelle du travail et la nature complémentaire mais inégale des rôle des hommes, des femmes et des enfants à l’intérieur des familles ouvrières. » (p. 17)

Questions /Hypothèses :
- « Quel fut l’impact de la révolution industrielle sur la famille? » (p. 14)
- « Qui étaient les salariés parmi les membres de la famille et que pouvaient-ils gagner? Quel type de travail accomplissaient les autres membres de la famille? De quels autres moyens disposait-on pour équilibrer le budget? Enfin, comment les réponses à ces questions ont-elles changés à Montréal entre les années 1860 et 1890? » (p. 18)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
- Analyse par ordinateur des listes nominatives du recensement.
- « Dans le cas de certaines familles, afin de compléter l’information obtenue dans les recensements, j’ai consulté les annuaires de Montréal pour retracer les adresses et les déplacements des individus à l’intérieur de la ville, les rôles d’évaluation pour déterminer la valeur de leur propriété, les registres paroissiaux pour y retrouver les naissances, les décès et les mariages de leurs membres. » (p. 20)
- « Un échantillon a été sélectionné au hasard dans les quartiers de Sainte-Anne et Saint-Jacques pour les années 1861, 1871, 1881, 1891. À partir de ces quatre recensements, j’ai composé un échantillon global comprenant un peu moins de 15000 individus vivant dans approximativement 3000 familles. » (p. 20)
- « J’ai choisi de prélever mes échantillons dans les quartiers Sainte-Anne et Saint-Jacques d’abord parce que, dans une large mesure, c’était des quartiers ouvriers, et ensuite parce qu’ils regroupaient des Canadiens-français, des Irlandais, des Anglais et des Écossais, ce qui nous permet d’étudier les familles des groupes ethniques qui composaient alors la majorité de la population de Montréal. » (p. 21)

3. Résumé


« Pour comprendre de quelle manière l’expansion du capitalisme industriel à Montréal transforma les données de base de la subsistance quotidienne dans les familles ouvrières, je me suis inspirée de concepts, de méthodes et d’approches élaborées par les spécialistes de l’histoire des travailleurs, de la famille et des femmes. [...] S’il est vrai que les historiens qui ont essayé d’évaluer les niveaux de vie des ouvriers canadiens ont rarement ignoré tout à fait les contributions des femmes et des enfants, ils n’en ont pas moins basé leurs estimations sur les seuls salaires des ouvriers masculins, sans prendre en compte systématiquement le travail non rémunéré accompli par d’autres membres de la famille. Or, le système du travail salarié n’était pas encore solidement implanté à l’époque et les emplois étaient irréguliers, si bien qu’il apparaît essentiel de prendre en considération les autres moyens auxquels les familles avaient recours pour équilibrer leur budget. En intégrant à mon étude des stratégies de survie quotidienne, les femmes, les autres membres non salariés du ménage, la famille et sa reproduction, j’espère contribuer à une histoire de la ’totalité de la classe ouvrière’, ainsi qu’à une meilleure compréhension de la nature de l’économie urbaine du XIXe siècle. » (pp. 15-16)