Homicide d’enfant commis par la mère

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Référence bibliographique [7883]

Marleau, Jacques D., Roy, Renée, Laporte, Line, Webanck, Thierry et Poulin, Bernard. 1995. «Homicide d’enfant commis par la mère ». Revue canadienne de psychiatrie / Canadian Journal of Psychiatry, vol. 40, p. 142-149.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Notre recherche vise à décrire le portrait socio-démographique et psychiatrique de femmes ayant tué ou tenté de tuer un de leurs enfants. »

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’échantillon comprend 17 femmes ayant causé la mort (n=14) ou tenté de tuer (n=3) un de leurs enfants biologiques et ayant été admises à l’Institut Phillipe Pinel de Montréal. L’âge moyen des femmes de l’échantillon est de 26 ans et varie de 20 à 39 ans. Le niveau de scolarité moyen est près de 12 ans. Plusieurs femmes n’ont pas complété leur secondaire V (53%). De plus, la presque totalité des sujets n’a pas d’emploi (88%). La plupart des femmes (près de 60 %) sont prestataires de l’aide sociale. L’âge moyen des 18 enfants est de trois ans. Ils oscillent entre un mois et sept ans. Les filles représentent 61% des victimes.

Instrument :
Les informations nécessaires à la réalisation de cette étude proviennent de trois types d’évaluation: psychiatrique, psychologique et criminologique. De façon générale, les évaluations s’effectuent grâce à l’apport d’informations collatérales. Ces dernières informations proviennent: a) d’entrevues avec les membres de l’entourage des patientes; b) de l’observation du comportement des patientes par les membres de l’équipe traitante; c) de la consultation de dossiers antérieurs (dossiers médicaux, psychiatriques, etc.) et d) de la consultation des rapports de police.

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« À l’aide de données recueillies à l’institut Phillipe Pinel de Montréal, nous allons décrire le profil socio-démographique et psychiatrique d’un échantillon de 17 femmes ayant tué (n=14) ou tenté de tuer (n=3) un de leurs enfants. Nos données indiquent que les femmes ayant commis ce type de délit proviennent généralement d’un environnement socio-économique défavorisé. Nous retrouvons des antécédents psychiatriques (évaluation ou hospitalisation) chez la plupart d’entre elles. L’examen du délit démontre que la plupart des femmes n’utilisent pas d’arme pour tuer leur enfant: les moyens préconisés sont la strangulation et la noyade. La majorité de ces délits peuvent être classés soit comme étant un suicide élargi ou un acte altruiste. Plusieurs des femmes présentent un trouble sévère de la personnalité sur lequel s’est ajouté un épisode dépressif dans le contexte du délit. Nous espérons que notre étude aidera à mieux comprendre le phénomène du filicide ainsi qu’à développer certains axes de prévention. À la lumière de ces résultats, il semble que la population générale et que les divers intervenants de notre société (médecins généralistes, psychiatres, criminologues, travailleurs sociaux, pédiatres, psychologues, gynécologues) doivent redoubler de vigilance en évitant de banaliser certains signaux comme la verbalisation d’idées homicides envers l’enfant ou le recours à certains comportements désorganisés. »