La déficience intellectuelle et la négligence parentale. Étude descriptive et comparative

La déficience intellectuelle et la négligence parentale. Étude descriptive et comparative

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La déficience intellectuelle et la négligence parentale. Étude descriptive et comparatives

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Référence bibliographique [7658]

Guay, France. 1996. «La déficience intellectuelle et la négligence parentale. Étude descriptive et comparative». Mémoire de maîtrise, Trois-Rivières, Québec, Université du Québec à Trois-Rivières, Département de psychologie.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Le but de cette étude est de contribuer davantage à l’approfondissement des connaissances en ce qui concerne le phénomène de négligence parentale, particulièrement chez les parents déficients. » (p. 2)

Questions/Hypothèses :
« H1- Les MD [mères avec déficience intellectuelle] présenteront un niveau de stress parental plus élevé à l’Index de Stress Parental que les MND [mères sans déficience intellectuelle], et ce tant au niveau du domaine de l’enfant que du domaine du parent;
H2- Les MD seront plus isolées socialement, en ce sens que leur réseau social sera moins dense et moins diversifié, que les MND;
H3- Les MD présenteront un score de négligence significativement plus grave que les MND et ce à chacune des trois échelles de négligence mesurées par ’L’inventaire de bien-être de l’enfant’, soit physique, émotionnelle et environnementale; et elle atteindront un seuil critique à un plus grand nombre de ces échelles. » (p. 58)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
- « Les sujets, des mères négligentes envers leurs enfants, sont répartis en deux groupes soit, un groupe dont la capacité intellectuelle se situe dans la catégorie ’déficience intellectuelle’ aux matrices de Raven (10 sujets) et un groupe non-déficient (20 sujets). » (p. 61)
- « En moyenne, les MD ont 34,1 ans, elles ont 2,4 enfants, les enfants-cibles sont âgés de 6,5 ans et 40% d’entre elles sont sans conjoint cohabitant depuis plus de trois mois, alors que 60% vivent avec un conjoint depuis plus de trois mois. Leur revenu familial est inférieur à 15 000$ pour 55.6% d’entre elles, il se situe entre 15 000$ et 24 999$ dans une proportion de 33.3% et il est supérieur à 25 000$ dans une proportion de 11,1 %. Les MND quant à elles ont en moyenne 30.9 ans, elles ont 2,4 enfants, les enfants-cible sont âgés de 4,4 ans, et 40% d’entre elles sont sans conjoins cohabitant depuis plus de trois mois, alors que 60% vivent avec un conjoin depuis plus de trois mois. Leur revenu familial est inférieur à 15 000$ pour 47.1% d’entre elles, il se situe entre 15 000$ et 24 999$ dans une proportion de 29.4% et il est supérieur à 25 000$ dans une proportion de 23,5%. » (p. 63)

Instruments :
- Questionnaire socio-démographique;
- Entrevue psychosocial (Éthier, Lacharité et Couture, 1989, 1991, 1993);
- Index de stress parental (Abidin, 1983);
- Inventaire concernant le bien-être de l’enfant en relation avec l’exercice des responsabilités parentales;
- Matrices progressives « standard » de Raven.

Type de traitement des données :
Analyse statistique

3. Résumé


« À partir de la documentation scientifique portant sur la négligence parentale, on sait que comparativement aux mères normales de même niveau socio-économique, les mères négligentes vivent un niveau de stress significativement plus élevé, qu’elles sont plus isolées socialement, et près de 50% d’entre elles présentent des difficultés cognitives de faibles à modérées. Parmi ces mères présentant des difficultés cognitives, certaines sont déficientes, d’autres ne le sont pas. La présente recherche a pour but spécifique de mesurer l’impact de la déficience intellectuelle sur le phénomène de négligence parentale. [...] La revue de la documentation en matière de déficience intellectuelle nous amène à penser qu’en raison de leur capacité intellectuelle plus limitée, les mères déficientes éprouveront significativement plus de stress dans leur rôle parental, qu’elles seront plus isolées socialement, et qu’elles présenteront une négligence parentale plus grave, que les mères non-déficientes négligentes. Les résultats nous permettent de constater que, bien que les mères déficientes négligentes vivent un niveau de stress extrême dans l’exercice de leur rôle parental et qu’elles souffrent d’isolement social, leurs résultats quant à ces variables ne diffèrent pas significativement des mères non-déficientes. En effet, leurs enfants sont négligés plus gravement et ce, dans plus d’aspects de leur vie, que les enfants des mères non-déficientes. Les résultats confirment l’influence de la capacité intellectuelle sur la négligence parentale et sa gravité. Cependant, la gravité de la négligence chez les mères déficientes, doit être comprise comme le résultat de plusieurs facteurs (stress, isolement social, pauvreté, etc.) qui, conjugués à la déficience, ont un effet négatif cumulatif sur la compétence parentale. »