Le phénomène social des ''pères décrocheurs'' : analyse qualitative des trajectoires du désengagement paternel

Le phénomène social des ''pères décrocheurs'' : analyse qualitative des trajectoires du désengagement paternel

Le phénomène social des ''pères décrocheurs'' : analyse qualitative des trajectoires du désengagement paternel

Le phénomène social des ''pères décrocheurs'' : analyse qualitative des trajectoires du désengagement paternels

| Ajouter

Référence bibliographique [7522]

Quéniart, Anne et Fournier, François. 1996. Le phénomène social des ''pères décrocheurs'' : analyse qualitative des trajectoires du désengagement paternel. Rapport de recherche présenté au Conseil québécois de la recherche sociale. Québec: Gouvernement du Québec, Conseil québécois de la recherche sociale.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Se pencher sur les différentes trajectoires de désengagement empruntées par des pères séparés ou divorcés.

Questions/Hypothèses :
« Plusieurs questions de recherche ont été alors formulées: comment se fait-il que des pères, suite ou avec la séparation conjugale, en viennent à couper les ponts avec leur enfant? Est-ce que ces désengagements empruntent tous la même trajectoire? Comment se déroulent-ils dans le temps, quelles en sont les étapes? Comment le désengagement est-il vécu, ressenti et assumé par les pères? Comment les dimensions personnelle, sociale, culturelle et institutionnelle du désengagment paternel s’articulent-elles les unes aux autres. » (p. 3)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
- Treize entrevues qualitatives auprès de pères désengagés;
- « (...) les 3/4 ont un revenu annuel inférieur à 20 000$ et plus de la moitié ont un secondaire 5 ou moins. Neuf sont séparés depuis moins de 10 ans, dont la moitié depuis moins de 4 ans. Plus de la moitié des enfants avaient moins de 6 ans et près du tiers un an et moins à la séparation. Ces pères ont 14 garçons et 11 filles. Quant au nombre d’enfants, 11 pères en ont un ou deux. Le nombre d’années écoulées depuis leur dernier contact est très variable: leur période de désengagement varie de 6 mois à 20 ans, mais pour la majorité des pères rencontrés elle se situe entre un et cinq ans. Enfin, ajoutons qu’au moment d’avoir leurs enfants, un peu plus de la moitié de ces pères vivaient en union libre, les autres étant mariés. » (p. 5)

Instruments :
« Nous avons élaboré un guide d’entrevue très détaillé, visant à recueillir des données sur la place de l’enfant dans la vie du père et de l’histoire du lien père/enfant avant, pendant et après la séparation. » (p. 4)

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Parler de la famille aujourd’hui, c’est vite rentrer dans un territoire miné, entre autres parce que la famille et les questions familiales semblent toujours l’otage, en quelque sorte, d’un discours tranché ou d’un autre. [...] En simplifiant un peu, nous pourrions dire que le discours, académique et politique sur la famille s’est progressivement retrouvé, depuis une vingtaine d’années, dans une logique de sexuation : tout se passe comme si, lorsqu’on parle de la famille et des enfants, il faut être pour les femmes ou pour les hommes. Et chacun s’approprie à sa manière le fameux ’intérêt de l’enfant’. Le sujet qui nous intéresse aujourd’hui n’échappe pas à cette sexuation des perspectives. [...] Nous nous sommes graduellement intéressés au phénomène du désengagement paternel, d’une part parce que certains témoignages de pères déjà rencontrés nous y conduisaient presque naturellement, et d’autres part parce que certaines statistiques nous avaient intrigué. En effet, d’après des études et des projections, c’est envrion 50% des pères non gardiens, en Amérique du Nord comme en Europe, qui perdraient rapidement à peu près tout contact significatif avec leur enfant suite à une séparation ou un divorce. » (p. 3) « Nous avons choisi de présenter nos résultats sous la forme d’une typologie de différentes trajectoires de fragilisation ou de rupture du lien père/enfant suite à une séparation ou à un divorce. » (p. 6)