La prescription de stimulants aux enfants ''hyperactifs'' : une étude pilote des incitatifs et des contraintes pour les parents, les médecins et les enseignants

La prescription de stimulants aux enfants ''hyperactifs'' : une étude pilote des incitatifs et des contraintes pour les parents, les médecins et les enseignants

La prescription de stimulants aux enfants ''hyperactifs'' : une étude pilote des incitatifs et des contraintes pour les parents, les médecins et les enseignants

La prescription de stimulants aux enfants ''hyperactifs'' : une étude pilote des incitatifs et des contraintes pour les parents, les médecins et les enseignantss

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Référence bibliographique [7361]

Doré, Christine, Cohen, David et Colin, Christine. 1997. «La prescription de stimulants aux enfants ''hyperactifs'' : une étude pilote des incitatifs et des contraintes pour les parents, les médecins et les enseignants ». Santé Mentale au Québec, vol. XXII, no 1, p. 216-238.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Dans cette étude, nous nous penchons sur les facteurs qui contribuent à la décision d’utiliser un stimulant pour traiter ou contrôler ces comportements dérangeants communément désignée sous le nom d’hyperactivité. Considérant que de tels comportements se manifestent et se gèrent dans au moins trois ’systèmes’ - familial, scolaire et médical - nous envisageons le recours à la médication comme le résultat d’influences et d’interactions complexes impliquant plusieurs acteurs et enjeux. » (p. 220)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Quatre parents, cinq enseignants du primaire et trois médecin « [...] en contact prolongé avec un enfant identifié comme hyperactif et recevant un stimulant [...] » (p. 223) de la région de Montréal et des environs.

Instruments :
Entretiens en profondeur en face-à-face ou au téléphone avec « [...] une grille de question semi-structurée et adapté en fonction du type d’acteur interrogé [...] » (p. 224).

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Le consensus scientifique sur l’utilisation des stimulants pour traiter les enfants ’hyperactifs’ consiste à reconnaître leur effet calmant sur la conduite perturbatrice et une amélioration de la performance de tâches répétitives, à court terme. Les effets à long terme restent incertains. Pourtant, au Québec, la prescription de stimulants pour enfant dont les parents sont prestataires de sécurité du revenu a triplé de 1990 à 1994, atteignant la prévalence de 11,9%. À l’aide d’un modèle systémique intégrant les approches de médicalisation de la déviance, d’économie politique et d’analyse stratégique, nous avons envisagé la décision de prescrire comme résultat d’interactions impliquant divers acteurs au pouvoir inégal et intérêts divergents. Nous avons tenté d’établir la ’défendabilité’ de ce modèle au moyen d’entrevues auprès de cinq parents, quatre enseignants et trois médecins en contact prolongé avec un enfant hyperactif. Le matériel recueilli révèle l’omniprésence du modèle médical dans le système de traitement de l’hyperactivité mais les enseignants et non les médecins apparaissent comme le moteur de la médicalisation. Selon les parents et les médecins, les enseignants dépistent et ’diagnostiquent’ les enfants, proposent la médication aux parents, et dans certains cas, l’école exige du médecin une prescription. Les médecins admettent que l’évaluation médicale est souvent très sommaire. Pour leur part, les enseignants soulignent les difficultés de leur tâche et le manque d’encadrement psychosocial à l’école. Les commentaires de nos répondants font ressortir la perception de chacun qu’il voudrait agir différemment mais n’a pas d’autre choix que d’opter pour la médicalisation. Ces observations limitées, qui devraient être validées, suggèrent que le système de traitement des enfants hyperactifs fonctionne de manière irrationnelle et qu’on ne peut raisonnablement s’attendre à le voir servir les intérêts de l’enfant. » (p. 216)