Les enfants qui habitent deux maisons : garde partagée et double résidence

Les enfants qui habitent deux maisons : garde partagée et double résidence

Les enfants qui habitent deux maisons : garde partagée et double résidence

Les enfants qui habitent deux maisons : garde partagée et double résidences

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Référence bibliographique [7187]

Wexler, Martin. 1997. Les enfants qui habitent deux maisons : garde partagée et double résidence. Ottawa: Gouvernement du Canada, Société canadienne d’hypothèque et de logement.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Décrire les familles qui choisissent la garde partagée, les dispositions adoptées au niveau de la vie quotidienne et du partage, ainsi que les divers aspects de leur logement. » (p. i)

Questions/Hypothèses :
- Dans quelle mesure la garde partagée accroît-elle la consommation de logements lorsque les deux parents doivent offrir à leurs enfants une maison de type familial? Plus précisément, les parents dédoublent-ils le cadre résidentiel pour ce qui concerne la quantité (espace et meubles) et la qualité (commodités, emplacement et services du quartier) du logement acheté ou loué? Les parents en situation de garde partagée doivent non seulement offrir deux maisons à leurs enfants, mais encore acheter en double d’autres biens comme les vêtements, les jouets, l’équipement sportif et les chaînes stéréo. Puisque ces biens et l’utilisation de deux maisons entrainent des frais, la garde partagée est-elle réservée aux familles bien nanties?
- Au centre de cette préoccupation se trouve la nature du « foyer » tel que perçu par les enfants. En situation de garde partagée, les enfants considèrent-ils leurs maisons comme étant toutes deux principales, l’une principale et l’autre secondaire ou toutes deux secondaires? Le premier cas et le troisième cas peuvent poser des problèmes : deux maisons principales peuvent conduire à l’ambivalence ou à un conflit entre les deux, alors qu’avoir deux maisons secondaires équivaudrait à n’avoir aucun foyer ou à être « sans abri » sur le plan psychologique
- Où les familles en situation de garde partagée décident-elles d’habiter et dans quelle mesure leurs choix répondent-ils à leur besoin ou leur désir d’être près l’une de l’autre ou, au contraire, d’être loin?

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« Nous avons choisis au hasard, des couples qui ont conclu une entente de garde partagée dans les années 1991-1992 et 1992-1993 et dont les enfants étaient âgés de 5 à 18 ans au moment de la réalisation de l’étude. Au début de 1994, nous avons interrogé, dans leur foyer respectif, 18 pères et 19 mères, composant 19 familles, au sujet des répercussions de la garde partagée sur leur foyer et leur mobilité résidentielle. Nous avons également interrogé 22 enfants sur un total de 32, dont 18 garçons et 14 filles. Environ la moitié des enfants interrogés étaient âgés de 5 à 11 ans et l’autre moitié, de 12 à 18 ans. » (p. iv)

Instruments :
Dossiers du service de médiation à la famille des Centres Jeunesse de Montréal, entrevue du parent, entrevue de l’enfant, questionnaire aux parents et visite des pièces comprenant la prise de photographies et des dimensions des pièces et des meubles.

Type de traitement de données :
Analyse de contenu

3. Résumé


Cette étude préliminaire fait état des expériences des parents et des enfants qui vivent une garde partagée. Elle s’inscrit dans le cadre d’une recherche plus large sur les nouvelles tendances et nouveaux facteurs pouvant se répercuter sur le logement et le cadre de vie des Canadiens pendant le 21e siècle. Cette étude a permis de corroborer l’hypothèse selon laquelle le revenu des parents détermine leur capacité d’offrir une maison de type familial, c’est-à-dire en milieu sûr, avec accès à de bons parcs, de bonnes écoles etc. Certains ménages disposent de plus de place que nécessaire alors que bon nombre de foyers n’ont pas assez d’espace lorsque les enfants sont à la maison. En outre la majeure partie des enfants ayant deux foyers habitent des maisons qui offrent une qualité de vie différente, et sont souvent hiérarchisés par l’enfant. Si l’une des deux maisons est le foyer conjugual, cette différence est encore plus marquée. Cette remarque apporte néanmoins un effet positif: les enfants estiment qu’une de leur maison est la maison principale et l’autre, la maison secondaire. Ainsi, ils ont effectivement un seul foyer même s’ils habitent deux maison.