La problématique de la filiation dans le théâtre homosexuel québécois contemporain, 1980-1990

La problématique de la filiation dans le théâtre homosexuel québécois contemporain, 1980-1990

La problématique de la filiation dans le théâtre homosexuel québécois contemporain, 1980-1990

La problématique de la filiation dans le théâtre homosexuel québécois contemporain, 1980-1990s

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Référence bibliographique [7060]

Garceau, François. 1998. «La problématique de la filiation dans le théâtre homosexuel québécois contemporain, 1980-1990». Mémoire de maîtrise, Montréal, Université de Montréal, Département d’études françaises.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
- « Dans ce mémoire, nous aborderons deux thèmes qui nous permettront d’analyser avec rigueur la filiation biologique dominée par l’homosexualité du fils : l’autorité paternelle et la blessure narcissique du fils. Il sera ici démontré que les personnages homosexuels souffrent doublement de l’absence paternelle, d’une part dans la filiation biologique, où prend forme leur déviance sexuelle et, d’autre part, dans la société dans laquelle ils évoluent, puisque le modèle autoritaire social prévalant y reproduit des comportements observés dans la filiation biologique. » (p. ii)
- « Notre analyse tente de démontrer que les personnages homosexuels cherchent ailleurs que dans la filiation biologique et les amours homosexuelles le ’père perdu’ et que seul le ’père retrouvé’ est à même de leur offrir la possibilité d’une restauration narcissique (estime de soi et besoin de reconnaissance), à un niveau symbolique, qui rejette le sacrifice de l’autre. » (p. 16)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Corpus d’étude de 5 pièces de dramaturges québécois :
- Les Feluettes ou la répétition d’un drame romantique de Michel Marc Bouchard;
- Provincetown Playhouse de Normand Chaurette;
- Being at Home with Claude;
- Le printemps, monsieur Deslauriers de René-Daniel Dubois;
- Fugues pour un cheval et un piano d’Hervé Dupuis.

Type de traitement des données :
Réflexion critique

3. Résumé


« Le présent mémoire s’intéresse à la filiation dans le théâtre homosexuel contemporain, de 1980-1990. Dès sa naissance en 1948, le théâtre québécois nous offre un portrait négatif et peu enviable des relations père-fils, dont l’un des principaux traits se veut l’absence morale et/ou physique généralisée du père biologique. Inévitablement, cette absence paternelle a des répercussions directes sur le fils : son attitude rebelle et son comportement ambivalent nous informent d’une souffrance psychologique, d’une tare héritée de celui-là même qui le fait souffrir. Dans son ensemble, le théâtre québécois nourrit le drame et le tragique des échecs de la filiation biologique, et crée avec force une image affadie du père qui s’impose comme étant une réalité typiquement québécoise. Les dramaturges des années quatre-vingt proposent une lecture nouvelle de l’absence paternelle : celle-ci s’observe désormais dans la sexualité déviante de personnages-fils. L’homosexualité nous apparaît comme l’aboutissement de la crise paternelle qui sévit dans le théâtre québécois : par les prohibitions morales qu’ils s’imposent - ne pas avoir d’enfant -, les personnages homosexuels refusent en quelque sorte de poursuivre la lignée biologique amorcée par leurs ancêtres. Cette stérilité biologique marque la fin de l’unique modèle de procréation qu’ait connu l’humanité: en rejetant la paternité, n’est-ce pas le père que le fils rejette? » (p. ii)