Une exploration du phénomène des maternités lesbiennes

Une exploration du phénomène des maternités lesbiennes

Une exploration du phénomène des maternités lesbiennes

Une exploration du phénomène des maternités lesbienness

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Référence bibliographique [6937]

Ricard, Nathalie. 1998. «Une exploration du phénomène des maternités lesbiennes». Mémoire de maîtrise, Montréal, Université du Québec à Montréal, Département de travail social.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Questions/Hypothèses :
« Comment [les enfants] vivent-ils ou vivent-elles cette différence? [...] Qui sont ces mères, ces lesbiennes? Comment et pourquoi deviennent-elles mères et lesbiennes? Qu’est-ce qu’une famille pour elles? [...] Dans quelles circonstances les mères révèlent-elles leur lesbianisme? Est-ce que les pratiques de maternité dans les familles lesbiennes diffèrent de celles retrouvées dans le modèle dominant de la famille? Quel système de valeurs transmettent les lesbiennes à leurs enfants? Qui soutient les familles lesbiennes, dans quels réseaux évoluent-elles? Où se positionnent les mères lesbiennes entre le mouvement gai et celui des femmes et parmi la myriade des options féministes? » (p. 19)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« Sans compter les participantes qui se trouvaient dans les groupes pour mères lesbiennes, nous avons rencontré au total 34 répondantes dont 22 étaient des lesbiennes mères. » (p. 108)

Instruments :
- Tables rondes sur les maternités lesbiennes;
- Entrevues individuelles;
- Atelier sur les familles lesbiennes.

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Notre objet de recherche est l’exploration des représentations de la maternité et de la famille chez plus de trente-quatre lesbiennes québécoises en considérant les réseaux familiaux qu’elles élaborent, les valeurs qu’elles y véhiculent et leurs relations avec l’environnement socio-politique. L’objectif principal de cette recherche qualitative est de documenter le vécu maternel que partagent quotidiennement des lesbiennes. Inspirée de la ’grounded theory’, nous avons rencontré les actrices de la recherche individuellement ou lors de forums de discussion qui émanaient de la mouvance communautaire. Une de nos orientations de départ est d’avoir associé l’émergence du sujet lesbien maternel avec les courants du mouvement des femmes et du mouvement gai. Le phénomène des maternités lesbiennes éclaire ainsi quelques systèmes de débats tels ceux entourant la conceptualisation des familles, les rapports féminisme-lesbianisme ou la spécificité lesbienne au sein des revendications gaies. Les actrices de la recherche développent différentes pratiques discursives de manière à communiquer des représentations positives de leur réalité, langagières pour se nommer en-dehors des codes qui définissent la parentalité et de visibilité pour contourner les effets directs de la discrimination hétérosexiste. Elles développent aussi des pratiques silencieuses pour avoir accès, entre autres, à l’insémination alternative ou à l’adoption. Elles déplorent le manque d’ouverture de l’école face à la diversité sexuelle et familiale. Les lesbiennes mères dont la trajectoire complexe concilie des composantes identitaires, construites en opposition par des hétérosexuel/les comme par des gai/es, nous proposent de revoir les critères qui déterminent le ’meilleur intérêt de l’enfant’, la ’capacité parentale’, et qui définissent la famille selon les catégories de sexe, d’orientation sexuelle ou la morale patriarcale. Elles questionnent particulièrement la présence obligatoire d’un père auprès des enfants et un système social qui maintient la compétition entre les filiations maternelles sociale et biologique. Les couples lesbiens ne sont donc pas encore reconnus malgré leurs responsabilités parentales. » (résumé)