Les histoires familiales au coeur des stratégies d’insertion : trajectoires de migration en Estrie et au Saguenay-Lac-St-Jean

Les histoires familiales au coeur des stratégies d’insertion : trajectoires de migration en Estrie et au Saguenay-Lac-St-Jean

Les histoires familiales au coeur des stratégies d’insertion : trajectoires de migration en Estrie et au Saguenay-Lac-St-Jean

Les histoires familiales au coeur des stratégies d’insertion : trajectoires de migration en Estrie et au Saguenay-Lac-St-Jeans

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Référence bibliographique [6457]

Vatz Laaroussi, Michèle, Tremblay, Pierre-André, Corriveau, Lucie et Duplain, Myriam. 1999. Les histoires familiales au coeur des stratégies d’insertion : trajectoires de migration en Estrie et au Saguenay-Lac-St-Jean. Rapport de recherche présenté au Conseil québécois de la recherche sociale. Sherbrooke, Québec: Université de Sherbrooke.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« 1) Explorer les représentations des intervenants des domaines de la santé, du social et de l’éducation, dans deux régions du Québec en ce qui concerne les familles immigrantes et analyser l’impact des ces images sur leurs pratiques professionnelles. [...];
2) Dresser un inventaire des trajectoires et stratégies familiales d’acculturation-insertion au Québec dans deux régions différentes (l’Estrie et le Saguenay-Lac-St-Jean);
3) Identifier les modifications et variations de ces trajectoires et stratégies familiales selon la région d’implantation mais aussi en fonction de la communauté d’origine, de la situation socio-économique et de l’éventuelle mixité familiale;
4) Construire un modèle théorique permettant d’analyser la mise en oeuvre et les ajustements de ces stratégies familiales en situation d’immigration. [...];
5) Permettre, grâce à la construction de cet inventaire et de ce modèle d’analyse, la prise en compte de ces trajectoires et stratégies familiales dans les mesures, programmes et interventions s’adressant aux familles des communautés culturelles. » (p. 30)

Questions/Hypothèses :
« 1) L’insertion des familles immigrantes de diverses origines au Québec est déterminée par différents niveaux structurels :
- la situation et le statut au pays d’origine;
- la trajectoire d’immigration et sa durée;
- la manière dont localement les familles immigrantes sont reçues, c’est-à-dire la place économique et sociale que la région leur délimite;
- la représentation que les intervenants du milieu ont d’elles;
- les stratégies d’acculturation et d’insertion que ces familles, collectivement, et leurs membres, individuellement, mettent en oeuvre de manière conjoncturelle.
2) Ces stratégies familiales, à l’articulation des stratégies individuelles d’insertion, et les modalités familiales de négociation du changement peuvent être plutôt défensives ou plutôt offensives, de repli ou d’action, mais elles remplissent toutes des fonctions d’insertion à la fois de la famille et de ses membres dans la société d’accueil.
3) Les familles mixtes ethniquement, représentent un cas typique d’implantation en région: l’identification de leurs stratégies familiales d’insertion permettra, dans une perspective compréhensive, de cerner des processus de changement et de négociation qui se retrouvent dans des familles immigrantes mono-ethniques.
4) La connaissance de ces stratégies familiales d’insertion et de leurs fonctions par les intervenants des domaines de la santé du social et de l’éducation permettra de mettre en oeuvre des interventions préventives de mésadaptation des enfants, d’accueil et d’accompagnement des nouveaux arrivants ainsi que des interventions promotionnelles en santé mentale pour les adultes et les jeunes, adéquates aux façons de faire et de voir développées par les immigrants. » (p. 29)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Volet milieu :
« À Sherbrooke, nous avons effectué dix entrevues [...]. Nous avons ainsi rencontré douze intervenants des trois milieux concernés: leur âge, leur sexe et leur expérience professionnelles sont diversifiées. [...] Quatre groupes focus ont ensuite été effectués à Sherbrooke: deux en CLSC [...]; un en milieu scolaire [...] le dernier groupe focus, hétérogène, regroupant un intervenant en centre jeunesse, une infirmière en clinique de planification, deux intervenants d’un organisme familial, une stagiaire en milieu scolaire et une coordonnatrice en garderie. » (p. 45) Au Saguenay-Lac-St-Jean, l’échantillon pour cette première phase repose sur les mêmes critères de diversité que celui de l’Estrie. Nous avons rencontré individuellement treize responsables ou intervenants (huit femmes et cinq hommes) des trois secteurs [...]. » (p. 46)
Volet Familles immigrantes :
« Nous avons souhaité rencontrer quarante familles distribuées selon trois variables combinées par un plan factoriel (Vand der Maren, 1995) : la région d’implantation, le groupe ethno-culturel et le niveau socio-économique. [...] Trois membres de chaque famille ont été rencontrés (la mère, le père et un enfant de neuf ans) ou plus [...]. En ce qui concerne la durée de vie au Québec, nous l’avions fixée selon la période d’implantation, soit entre un et sept ans [...]. » (p. 81)
Groupe ethno-culturels représentés :
- Vietnamiens et Cambodgiens;
- Latino-américains;
- Ex-Yougoslaves;
- Arabo-musulmans d’origine libanaise et maghrébine.

Instruments :
Volet milieu :
- Entrevues individuelles semi-directives;
- 2 séries de groupes focus à 18 mois d’intervalle.
Volet familles immigrantes :
- Entrevues individuelles semi-structurées du type récit des pratiques;
- Entrevues familiales.

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Nous présentons ici les résultats d’une recherche réalisée de 1997 à 1999 sur deux terrains régionaux, l’Estrie et le Saguenay-Lac-St-Jean. [...] Dans un premier volet nous avons d’abord identifié les caractéristiques des deux régions choisies quant à leur représentation des familles immigrantes. [...] Dans un second volet, nous abordons les familles immigrantes dans ces deux régions pour mieux comprendre leurs façons de faire, de changer et de s’insérer. [...] Tout au long du troisième chapitre, notre démarche d’analyse part des préoccupations les plus concrètes des familles (l’éducation, l’emploi, la santé) pour, de manière cumulative, mieux cerner leurs rapports au social. [...] Nous nous intéressons aussi au rapport au changement des membres des familles immigrantes et argumentons que, si tout le monde change dans l’immigration, la famille donne une orientation aux changements individuels. Par contre, dans ces mouvances, nous avons identifié des points de repère forts pour les familles : les valeurs bien sûr mais aussi l’éducation, les compétences ou encore le développement. [...] Dans tous les cas, ces diverses dimensions sont constitutives de dynamiques familiales qui, là encore, sont à la fois internes au groupe familial et extérieures, orientant les interactions famille-espace social. Nous décrivons trois processus moteurs de ces dynamiques familiales : l’être ensemble, la représentation et la sublimation qui sont aussi des dimensions retenues pour effectuer la typologie des trajectoires familiales d’immigration. [...] Finalement, au nombre de quatre, les stratégies de compétition, de promotion des différences, de réseaux et collectivistes visent à la fois le changement et l’insertion familiale. [...] Ces dimensions axiales du changement et de l’insertion construits par les familles nous amènent finalement à mieux cerner les zones d’incompréhension, de malentendu et d’opacité entre le milieu et les immigrants. Nous démontrons que celles-ci, quelle que soit la région d’implantation, s’articulent autour de trois noeuds de sens: la culture, la famille et les repères spatio-temporels. Autour de ces trois dimensions se polarisent en effet des représentations et stratégies souvent contradictoires entre les intervenants et les membres des familles rencontrées. » (pp. v-vii)