Le travail rémunéré des enfants à Sherbrooke en 1901 : un aspect important de l’économie familiale

Le travail rémunéré des enfants à Sherbrooke en 1901 : un aspect important de l’économie familiale

Le travail rémunéré des enfants à Sherbrooke en 1901 : un aspect important de l’économie familiale

Le travail rémunéré des enfants à Sherbrooke en 1901 : un aspect important de l’économie familiales

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Référence bibliographique [6375]

Bréard, Julien. 2000. «Le travail rémunéré des enfants à Sherbrooke en 1901 : un aspect important de l’économie familiale». Mémoire de maîtrise, Sherbrooke, Québec, Université de Sherbrooke, Département d’histoire et de sciences politiques.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Tout d’abord, nous regarderons dans quelle mesure le salaire du chef de famille est suffisant ou insuffisant pour la survie de sa famille et, par conséquent, comment on peut parler de ’salaire familial’ à une époque de plein emploi. En second lieu, nous analyserons comment les enfants participent au budget familial. » (p. 2)
Questions/Hypothèses :
« À partir de quel âge commencent-ils à entrer sur le marché du travail? Dans quelle proportion ces enfants sont davantage sur le marché du travail qu’à l’école? Quels emplois occupent-ils? Quel salaire gagnent-ils? Cette contribution est-elle très importante par rapport à celle des autres membres de la famille et plus particulièrement par rapport à celle du chef de famille masculin? Cet apport peut-il faire une réelle différence entre une pauvreté et une certaine aisance? » (p. 3)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Listes nominatives du recensement de l’année 1901 pour le quartier sud de la ville de Sherbrooke.

Type de traitement des données :
Analyse statistique

3. Résumé


« À l’instar du reste du Québec, la ville de Sherbrooke connaît, au tournant du 20e siècle, une période de prospérité économique. Les manufactures fonctionnent à plein régime, le secteur de la construction se porte bien, bref le travail ne manque pas. Toutefois, ce plein emploi ne signifie pas une éradication complète de la pauvreté. Dans un des quartiers ouvriers de la ville, le quartier sud, c’est plus du quart des familles qui ne peuvent subvenir à leurs besoins essentiels ayant comme seul revenu, celui de leur chef. Pour parvenir à suivre quotidiennement, les membres d’une même famille se doivent de s’organiser. Plusieurs stratégies financières sont mises de l’avant : s’occuper d’un jardin, élever des animaux, prendre des pensionnaires, faire travailler l’épouse, etc. Le travail des enfants, jeunes et moins jeunes, en est une autre. Dans bien des cas, ces derniers sont retirés relativement tôt de l’école, parfois à 12 ans, pour aller gagner quelques sous. C’est une situation que l’on retrouve principalement dans les familles où le chef a une occupation de travailleur semi-spécialisé ou de non-spécialisé. Elle touche autant les garçons que les filles. Ces enfants travaillent principalement dans le secteur des textiles, une industrie très répandue dans la ville. Toutefois, après l’âge de 15 ans, les garçons ont la possibilité de faire un métier tel que machiniste, charpentier ou mouleur, tandis que les filles sont confinées, lorsqu’elles ne se marient pas, au secteur du textile avec des emplois de tisseuse ou de modiste. Ceci ayant pour effet que les garçons ont des salaires beaucoup plus élevés que ceux des filles. Par conséquent, la contribution financière de ces dernières à l’économie familiale est beaucoup moindre. L’apport monétaire des enfants au revenu total de la famille peut parfois faire toute la différence entre une pauvreté relative et la misère. Grâce aux salaires de leurs enfants, plusieurs familles du quartier sud de Sherbrooke réussissent à élever leur revenu total à un niveau plus acceptable. Dans certains cas, des familles réussissent même à «s’enrichir» grâce au travail juvénile. [...] » (pp. i-ii)