Les familles monoparentales au Québec : entre le dire et le faire étatique, un monde de pauvreté

Les familles monoparentales au Québec : entre le dire et le faire étatique, un monde de pauvreté

Les familles monoparentales au Québec : entre le dire et le faire étatique, un monde de pauvreté

Les familles monoparentales au Québec : entre le dire et le faire étatique, un monde de pauvretés

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Référence bibliographique [6255]

Gaudel, Muriel. 2000. «Les familles monoparentales au Québec : entre le dire et le faire étatique, un monde de pauvreté». Mémoire de maîtrise, Montréal, Université du Québec à Montréal, Département de sociologie.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Ce qui nous intéresse ici, c’est de confronter les discours des différents acteurs sociaux en regard des familles monoparentales. Mais surtout, de vérifier la cohérence entre ces discours et les solutions concrètes envisagées. » (p. 10)
Questions/Hypothèses :
« Nous voulons déterminer si les stratégies mises en place par le gouvernement pour contrer la pauvreté des familles monoparentales contribuent à l’amélioration de la condition féminine et si, en cela, le gouvernement rejoint la position des autres acteurs sociaux préoccupés par le sort de ces familles. » (p. 11)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’auteure utilise des monographies, des articles de revues scientifiques, des communications présentées dans des congrès ou des colloques, des statistiques officielles et des études des organismes paragouvernementaux.

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Le nombre de familles monoparentales s’est fortement accru au cours des dernières décennies dans la province de Québec, ce qui s’explique principalement par l’augmentation des ruptures d’union. Ces familles sont majoritairement dirigées par des femmes et sont pauvres dans la plupart des cas. En effet, les enfants demeurent généralement avec leur mère et celle-ci, quand elle travaille, vit les contraintes de la conciliation travail-famille en plus de subir les conséquences de l’inégalité entre les hommes et les femmes sur le marché du travail. Mais beaucoup de ces mères seules vivent de l’aide de dernier recours, surtout quand elles ont de jeunes enfants. La pauvreté génère des problèmes multiples qui s’avèrent coûteux pour une société. C’est pourquoi le gouvernement du Québec vient en aide aux familles pauvres par le biais de programmes issus de trois principaux champs d’intervention : la politique familiale, la sécurité du revenu et la fiscalité. À l’automne 1996, Louise Harel, alors ministre de l’Emploi et de la Solidarité, présentait un projet de réforme de la sécurité du revenu. À l’hiver 1997, c’était au tour de Pauline Marois, alors ministre de l’Éducation et de la Famille, d’annoncer de nouvelles dispositions en matière de politique familiale. Des changements fiscaux étaient également proposés. Mais ces mesures étaient avancées dans un contexte d’assainissement des finances publiques. Ainsi, malgré les principes d’équité, d’égalité et de responsabilité prônés par le gouvernement, ni les organismes consultatifs tels le Conseil de la Famille et le Conseil du statut de la femme, ni les organismes socio-communautaires dont les groupes de femmes, n’ont applaudi à l’annonce des propositions gouvernementales. Certes, l’allocation unifiée pour l’enfant et le développement de services de garde ont été perçus comme des pas dans la bonne direction, mais une analyse plus poussée a démontré qu’ils pénalisaient les familles monoparentales. Quant à l’obligation pour les mères seules avec de jeunes enfants pour s’inscrire dans un parcours d’intégration à l’emploi, elle a fait l’unanimité contre elle. Dans un contexte socio-économique où le taux de chômage est encore élevé, où aucune stratégie de création d’emplois n’est mise de l’avant, une question se pose alors : ne devrait-on pas soutenir les mères de famille monoparentales qui désirent demeurer à la maison pour s’occuper de leurs jeunes enfants? Les avis sont partagés. Le Conseil de la famille répond oui, sans équivoque. Le Conseil du statut de la femme et les groupes de femmes sont conscients d’aborder là une question délicate, l’accès à l’autonomie financière des femmes étant un de leurs principaux chevaux de bataille, aussi la réponse est-elle plus nuancée. Pour certaines féministes cependant, une telle stratégie marque un retour en arrière, la centration des discours sur le bien-être de l’enfant faisant occulter le droit des femmes à une autonomie pleine et entière. » (résumé)