Les variables familiales associées à la psychopathie chez les adolescents

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Référence bibliographique [6164]

Leclerc, Stéphanie. 2000. «Les variables familiales associées à la psychopathie chez les adolescents». Mémoire de maîtrise, Sherbrooke, Université de Sherbrooke, Faculté d’éducation.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« En plus de la vérification des hypothèses, l’étude propose d’explorer les relations entre les conduites antisociales, les traits psychopathiques et le fonctionnement familial, l’engagement parental, les pratiques parentales positives, la discipline inconsistante et les autres pratiques parentales. » (p. 39)

Questions/Hypothèses :
« 1) Il existe une association significative entre certaines caractéristiques générales de la famille (faible statut socio-économique, monoparentalité, nombre élevé d’enfants dans la famille) et la sévérité des conduites antisociales chez les adolescents et les adolescentes.
2) Il n’y a pas d’association entre certaines caractéristiques générales de la famille (faible statut socio-économique, monoparentalité, nombre élevé d’enfants dans la famille) et la sévérité de traits psychopathiques chez les adolescents et les adolescentes.
3) Il existe une association significative entre certaines caractéristiques parentales (santé mentale des parents, criminalité des parents, abus de drogues et d’alcool) et la sévérité des conduites antisociales chez les adolescents et les adolescentes.
4) Il n’existe pas d’association significative entre certaines caractéristiques parentales (santé mentale des parents, criminalité des parents, abus de drogues et d’alcool) et la sévérité des conduites antisociales chez les adolescents et les adolescentes.
5) Il existe une association entre certaines caractéristiques des relations entre les parents et l’enfant (punitions corporelles, rejet, faible supervision) et la sévérité des conduites antisociales chez les adolescents et les adolescentes.
6) Il existe une association significative entre une caractéristique des relations entre les parents et l’enfant (supervision parentale inadéquate) et la sévérité de traits psychopathiques chez les adolescents et les adolescentes.
7) Il n’y a pas d’association entre certaines caractéristiques des relations entre les parents et l’enfant (rejet, punitions corporelles) et la sévérité de traits psychopathiques chez les adolescents et les adolescentes. » (p. 38)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« Cette recherche porte sur 77 adolescents âgés entre 12 et 17 ans. Les jeunes présentent tous des troubles de comportement et ont fait l’objet d’un signalement au Centres Jeunesse de la Montérégie. » (p. 3)

Instruments :
« [...] [L]e Psychopathy Screening Device (PSD). Aussi, un ensemble d’instruments standardisés a été utilisé pour mesurer les différentes variables familiales à l’étude. » (p. 3)

Type de traitement des données :
Analyse statistique

3. Résumé


« Cette recherche s’intéresse à un sous-groupe de jeunes adolescents qui présentent des traits psychopathiques. Ces traits se manifestent au niveau affectif (émotions superficielles, difficultés à entretenir des relations durables, absence de remords et d’anxiété) et interpersonnel (égocentrisme, manipulation).
Les résultats des études auprès des adultes psychopathes telle celle de Hare et McPherson (1984) ont montré que les délinquants psychopathes sont reconnus coupables plus souvent pour des crimes violents que les délinquants non psychopathes. Quant à Harris, Rice et Cormier (1989; in Lynam, 1996), ceux-ci rapportent un taux important (77%) de délinquants psychopathes qui récidivent en accomplissant un crime violent contre un taux plus faible (21%) de délinquants non psychopathes. Aussi, Hare et McPherson (1984) indiquent que les psychopathes en prison commettent plus de vols, d’agressions, se font plus souvent arrêter pour possession d’armes et font plus de tentatives d’évasion que les délinquants non psychopathes. De telles observations démontrent à quel point les psychopathes constituent un sous-groupe de criminels, particulièrement violents et dangereux pour la société.
Ces différences relevées dans les études entre ces deux groupes de criminels (psychopathes ou non psychopathes) portent à croire que la psychopathie pourrait relever de facteurs développementaux différents de ceux associés à la criminalité sans indice de psychopathie. Pour documenter cette question, une recension des écrits a été effectuée sur les facteurs sociofamiliaux associés à la présence de traits psychopathiques ou à la manifestation de conduites antisociales graves et persistantes, chez les enfants et les adolescents. Plusieurs des études recensées montrent des associations entre certaines variables familiales et les conduites antisociales graves et persistantes, alors que d’autres [sic] indiquent aucune association significative entre ces variables familiales et la psychopathie.
[...]
Les résultats obtenus dans cette recherche, ceux-ci permettent de confirmer certaines des hypothèses formulées. Ils montrent qu’il n’existe pas de relation entre les caractéristiques générales de la famille (faible statut socio-économique, monoparentalité, nombre élevé d’enfants dans la famille), certaines des caractéristiques des relations entre les parents et l’enfant (rejet, punitions corporelles), certaines des caractéristiques parentales (abus de substances, problèmes de santé mentale chez le père) et la sévérité des traits psychopathiques. Aussi, d’autres résultats indiquent qu’il existe une association significative entre la sévérité des conduites antisociales et une des caractéristiques des relations entre les parents et l’enfant (attitudes de rejet).
Dans l’ensemble, ces résultats démontrent que la plupart des variables familiales étudiées ne sont pas associées aux traits psychopathiques. En fait, les résultats indiquent qu’il n’existe pas de différences considérables entre les variables associées aux conduites antisociales avec ou sans indices de psychopathie chez les adolescents. Il serait donc intéressant d’examiner d’autres facteurs que ceux de ce mémoire qui pourraient être associés à ces traits chez de jeunes antisociaux. Enfin, puisqu’il existe un nombre restreint d’études portant sur la relation entre les traits psychopathiques des adolescents et d’autres facteurs développementaux, les résultats de cette recherche suggèrent la conduite de d’autres travaux sur le sujet. » (pp. 2-4)