Expérience de la mortalité et fécondité en Afrique : le cas de la Tanzanie

Expérience de la mortalité et fécondité en Afrique : le cas de la Tanzanie

Expérience de la mortalité et fécondité en Afrique : le cas de la Tanzanie

Expérience de la mortalité et fécondité en Afrique : le cas de la Tanzanies

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Référence bibliographique [5895]

Charvet, Carole. 2001. «Expérience de la mortalité et fécondité en Afrique : le cas de la Tanzanie». Thèse de doctorat, Montréal, Université de Montréal, Département de démographie.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Les deux objectifs généraux de ce travail sont d’explorer la relation entre la mortalité et la fécondité et, plus particulièrement, l’effet de l’expérience individuelle de la mortalité des membres de la fratrie sur les comportements reproducteurs ultérieurs, en considérant notamment l’environnement, qu’il soit familial ou communautaire. » (p. 28)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« Cette étude est basée sur les Enquêtes démographiques et de Santé menées en Tanzanie en 1991/92 et en 1996. » (p. 35)

Type de traitement des données :
Analyse statistique

3. Résumé


« La représentation des risques de mortalité, dans le cadre de la transition démographique, est un enjeu important dans la mesure où elle est, selon certains auteurs, associée à l’émergence de certains comportements reproducteurs. L’objectif général de cette thèse est d’explorer la relation entre la mortalité et la fécondité, en mettant l’accent sur l’expérience de la mortalité des membres de la fratrie ainsi que celle relative au niveau contextuel, fondatrices des perceptions des individus. Nous avons voulu vérifier si des comportements reproducteurs à risque ainsi que l’expérience de la mortalité, au niveaux familial et communautaire, étaient associés à un risque individuel plus élevé de mortalité durant l’enfance. Nous avons voulu également vérifier si nous observions des différences de comportements, reliées à une fécondité élevée, selon l’expérience de la mortalité du décès [sic] d’un ou des membres de la fratrie de l’individu.
Nous avons utilisé les données des Enquêtes Démographiques et de Santé de la Tanzanie de 1991/92 et de 1996. Les probabilités conditionnelles de survie des enfants ont permis de vérifier les résultats d’études antérieures, montrant l’effet de caractéristiques telles que la gémellité, la durée d’allaitement, l’expérience de la mortalité, tant familiale que communautaire. Comme dans la majorité de ces études, nous avons trouvé que la conception ultérieure rapide après la naissance de l’enfant référence, plutôt qu’un court intervalle précédent, constituait un facteur discriminant pour la survie des nourrissons.
Par la suite, à partir des données du module ’mortalité maternelle’ des Enquêtes Démographiques et de Santé, nous avons vu que l’expérience de la mortalité des membres de la fratrie était liée à un rajeunissement de l’âge à la première union et à la première naissance. Cependant, la différence de comportement observée, entre les femmes ayant été exposées au décès de leurs frères et soeurs et les autres, est relativement faible puisqu’un écart de seulement six mois est enregistré pour l’entrée en union et la survenue d’une première naissance entre ces deux groupes. Malgré cela, l’analyse multivariée, utilisant le modèle semi-paramétrique à risques proportionnels de Cox, montre que l’expérience de la mortalité est significativement associée à une plus grande rapidité à avoir un premier enfant, en particulier lorsque les décès se cumulent jusqu’au seuil de l’âge adulte, 15 ans.
Enfin, nous avons observé, par le biais d’analyses logistiques multivariées et multi-niveaux, que cette expérience directe de la mortalité à l’intérieur du couple était reliée à des désirs ultérieurs de fécondité antagoniques, où l’exposition de la femme se conjugue avec un désir non satisfait de fécondité alors que celle de l’homme est affiliée à une réduction du désir des naissances additionnelles. De plus, nos analyses ont montré que l’éducation et l’écoute d’émissions de divertissement à but éducatif étaient des facteurs médiateurs de cette relation. » (p. iii)