La situation des mères incarcérées et de leurs enfants au Québec

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Référence bibliographique [5483]

Blanchard, Brigitte. 2002. «La situation des mères incarcérées et de leurs enfants au Québec». Mémoire de maîtrise, Montréal, Université de Montréal, Département de criminologie.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« De fait, le principal objectif de notre mémoire est d’arriver à dépeindre la situation des mères incarcérées et de leurs enfants (au Québec) afin d’en arriver à formule [sic] des recommandations visant à favoriser la mise en place de services susceptibles de les aider à maintenir et/ou développer des liens. » (pp. 45-46)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
- 99 détenues;
- Six enfants ont participé à un entretien semi-directif.

Instruments :
- Un questionnaire inspiré du National Council of Crime and Delinquency (Bloom et Steinhart, 1993);
- Guide d’entretien.

Type de traitement des données :
Analyse statistique et analyse de contenu


3. Résumé


« Jusqu’à présent, peu d’études québécoises ont traité de la question, fort complexe, des relations mère-enfant en milieu carcéral. Dans la mesure où de nouveaux programmes visant à favoriser ces liens ont été mis en place au cours des dernières années, cette question mérite pourtant d’être approfondie. Il existe en fait quelques programmes de visites dans les prisons québécoises et maisons de transition depuis plusieurs années mais ces initiatives sont locales et très hétéroclites. Ce qui est novateur pour le Québec et les autres provinces canadiennes est la mise sur pied, depuis 1998, de programmes de cohabitation permettant aux enfants de séjourner avec leur mère au sein des nouveaux établissements fédéraux. Cette recherche vise donc à présenter un portrait de la situation des mères incarcérées et de leurs enfants au Québec et à examiner les relations qu’ils entretiennent durant la sentence ainsi que l’impact que peuvent avoir les organisations carcérales et de protection de la jeunesse sur le maintien et le développement de telles relations. Les informations présentées ici ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire distribué dans les principaux établissements carcéraux et maisons de transition pour femmes de la province. À ces données, se sont greffés différents éléments d’analyse obtenus par observation participante aux différents programmes de maintien du lien mère-enfant ou lors d’entretiens effectués auprès des enfants ayant vécu l’incarcération de leur mère et du personnel travaillant au sein des différentes organisations carcérales et de la Direction de la protection de la jeunesse.
À l’analyse, on constate que les 99 mères de notre échantillon présentent plusieurs caractéristiques semblables à celles qui se dégagent pour l’ensemble des femmes incarcérées, telles que de faibles revenus, une sous-scolarisation, des antécédents carcéraux, des problèmes de toxicomanie et la monoparentalité. Comme ces caractéristiques psychosociales concernent plus de la moitié de nos répondantes, la complexité et l’ampleur de leurs besoins sont à prendre en compte dans le développement des programmes et des services, d’autant plus que cela implique également leur progéniture. Suivant l’examen de la situation familiale des 203 enfants à l’étude, seulement la moitié d’entre eux vivaient avec leur mère avant son arrestation; les autres étaient ou bien pris en charge par une famille substitut ou vivaient déjà de façon autonome en raison de leur âge adulte. C’est donc dire qu’il importe de ne pas associer trop rapidement la séparation mère-enfant au simple fait de l’incarcération. Pourtant la majorité des mères à l’étude et des enfants interrogés mentionnent combien la séparation et la situation carcérale les affectent et combien ils aspirent à des contacts plus fréquents et continus. Plusieurs obstacles d’ordre personnel, familial et organisationnel interfèrent toutefois, tels que les frais interurbains, les conditions et règles des visites, les restrictions de la DPJ et les résistances des gardiens. Quant aux quelques programmes de maintien du lien développés à leur intention, ils sont règle générale fort appréciés, mais ne rejoignent qu’une minorité. De tels constats mettent en lumière la complexité de la problématique et questionnent sur les meilleures pratiques à développer. Pour ce faire, il faudrait d’abord déterminer à qui incombe la responsabilité d’assurer le développement d’une expertise en la matière et la continuité des services de qualité au nom du meilleur intérêt des enfants, des mères et de la société en général. » (p. iii)