Étude du rapport à la paternité et des perceptions des figures parentales des pères incestueux

Étude du rapport à la paternité et des perceptions des figures parentales des pères incestueux

Étude du rapport à la paternité et des perceptions des figures parentales des pères incestueux

Étude du rapport à la paternité et des perceptions des figures parentales des pères incestueuxs

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Référence bibliographique [5214]

Milcent, Marie-Pierre. 2002. «Étude du rapport à la paternité et des perceptions des figures parentales des pères incestueux». Thèse de doctorat, Montréal, Université de Montréal, Département de psychologie.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Cette étude comparative et exploratoire a donc pour objectif de vérifier empiriquement si les pères incestueux présentent un profil perceptuel différent des pères non-abuseurs au niveau des figures parentales et de la représentation d’eux-mêmes comme père. » (p. 2)
Questions/Hypothèses :
« Nous formulons les hypothèses générales suivantes :
H1 Les perceptions des figures parentales, notamment paternelles, sont chez les pères incestueux plus problématiques que chez des pères non abuseurs de la population générale.
H2 Les pères incestueux ont une représentation d’eux-mêmes comme parent plus négative que des pères non-abuseurs de la population générale. Leurs expériences autour de la paternité ont été plus difficiles.
H3 II existe une corrélation significative entre les perceptions que les pères incestueux ont de leurs parents et leur perception d’eux-mêmes comme parent : plus ces hommes ont une perception de leurs parents, notamment de leur père, problématique, plus leurs expériences autour de la paternité sont perçues comme négatives et problématiques. » (p. 61)

2. Méthode



Échantillon/Matériau :
54 adultes (23 pères incestueux et 31 pères biologiques non-abuseurs)

Instruments :
- Des dossiers criminels;
- Un questionnaire socio-démographique;
- L’Inventaire du lien parents-enfant (Parental Bonding Inventory: PBI; Parker, Turpling et Brown, 1979);
- Le Questionnaire de Clarke sur les relations parents-enfant (Parent-child Questionnaire: PCR; Langevin et Paitich, 1976);
- Le Questionnaire d’auto-évaluation du sentiment de compétence parentale (SCP; Gibaud-Wallston, 1978);
- Le « Domaine parent» de l’Indice de stress parental (ISP; Abidin, 1976);
- Le Questionnaire sur les rôles parentaux (QRP; Frascarolo et al., 1994);
- L’Implicatipon paternelle pendant les trois premières années de la vie de l’enfant (Parker, 1984).
Type de traitement des données :
Analyse de contenu et analyse statistique

3. Résumé


« En lien avec certaines prémisses théoriques, cliniques et empiriques récentes, cette étude a pour objet de montrer que les pères incestueux ont une perception des figures parentales ainsi qu’un rapport à la paternité plus problématiques que pour des pères non-abuseurs. Au total, 54 pères ’biologiques’, 23 pères incestueux incarcérés au Service Correctionnel Canadien et 31 pères de la population générale, ont participé à cette recherche. Les perceptions des figures parentales ont été mesurées par l’inventaire du lien parents-enfant et le questionnaire sur les relations parents-enfant de Clarke. L’Indice de Stress Parental, le Questionnaire sur les Rôles Parentaux et le Gibaud-WalIston qui mesure le sentiment de compétence parentale, nous ont permis d’évaluer le vécu de paternité et de la représentation de soi comme père. Les analyses statistiques ont montré des résultats très éloignés de nos prédictions. A l’exception des abus subis dans l’enfance, les pères incestueux se distinguent peu des pères du groupe contrôle. Conséquemment à ces résultats, des tests d’équivalence inter-groupes ont été menés. Nous avons ainsi démontré l’hypothèse nulle -ou inversée- sur certaines variables relatives au vécu de paternité. Les décalages, entre les représentations des pères abuseurs et les abus subis et commis, nous ont interpellés. Les résultats permettent de poser comme hypothèse que les pères incestueux ont recours de façon privilégiée aux mécanismes de défense primaires, que sont le déni, l’idéalisation et le clivage, tant dans les représentations de leurs figures parentales que d’eux-mêmes comme parent. Ces mécanismes permettraient au sujet de sauvegarder une bonne estime de lui-même et contribueraient au maintien de la dynamique incestueuse en semant la confusion dans l’esprit des victimes et des intervenants. » (p. i)