L’invention du corps maternel ou ''Ô miroir, mon miroir, quel est ce corps qui m’habite?''

L’invention du corps maternel ou ''Ô miroir, mon miroir, quel est ce corps qui m’habite?''

L’invention du corps maternel ou ''Ô miroir, mon miroir, quel est ce corps qui m’habite?''

L’invention du corps maternel ou ''Ô miroir, mon miroir, quel est ce corps qui m’habite?''s

| Ajouter

Référence bibliographique [5197]

Navarro Swain, Tania. 2002. «L’invention du corps maternel ou ''Ô miroir, mon miroir, quel est ce corps qui m’habite?''». Dans Espaces et temps de la maternité , sous la dir. de Francine Descarries et Corbeil, Christine, p. 107-131. Montréal: Éditions du remue-ménage.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Certaines théories féministes discutent actuellement (et même depuis les années 1980) la création du sexe par le genre, la création du corps par le rôle social attribué aux femmes. Ce débat sera au centre de nos préoccupations dans cet article. » (p. 109)

2. Méthode



Type de traitement des données :
Réflexion critique

3. Résumé


« Quel est ce corps qui m’assigne une identité, une place dans le monde, qui me conduit dans le labyrinthe des normes et des valeurs sociales/morales? Quel est ce corps que j’habite et dont je ne vois que l’image inversée du regard-miroir des autres?
Corps et sexe sont, à première vue, indissociables. Cependant, si l’on inverse cette évidence en prenant un tournant méthodologique, cet ensemble s’effrite en questions : quel est donc ce corps traversé par le sexe? Que signifie ce sexe qui caractérise mon être? Corps, superficie prédiscursive qui subit les coercitions, les disciplines, le moulage social? Sexe, détail anatomique ou délimitation infranchissable de l’individu dans le monde?
Dans le creuset des pratiques sociales, je me vois forgée en peau, délimitée par un corps, par une identité figée en rôle : femme et homme, ainsi avons-nous été créés par une parole aussi illusoire que réelle dans ses effets de significations dont les contours se matérialisent en humain. Ces traits, dessinés par les valeurs historiques et transitoires, se naturalisent dans l’énonciation et la répétition, fondés sur leur propre affirmation : les représentations de la ’véritable femme’ et du ’vrai homme’ s’actualisent sans cesse dans le murmure du discours social.
Mais les féminismes, grâce à leur pluralité et à leur dynamisme, ont pénétré les réseaux discursifs du XXe siècle, défiant ainsi les régimes de vérité qui instituent le monde et ses significations, tels le corps biologique (naturel) et le rôle social (culturel); leurs analyses ont également mis l’accent sur les processus et mécanismes qui transforment les corps en féminin et masculin, interpellés par des pratiques de domination, d’assujettissement ou de résistance. Les féminismes, ces courants puissants de contre-imaginaire, interrogent ainsi le social et ses institutions et mettent en lumière l’incontournable historicité des relations humaines. » (pp. 107-108)