L’éthique de la parole donnée : condition de l’engendrement des êtres et du savoir

L’éthique de la parole donnée : condition de l’engendrement des êtres et du savoir

L’éthique de la parole donnée : condition de l’engendrement des êtres et du savoir

L’éthique de la parole donnée : condition de l’engendrement des êtres et du savoirs

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Référence bibliographique [5064]

Vandelac, Louise. 2002. «L’éthique de la parole donnée : condition de l’engendrement des êtres et du savoir». Dans Espaces et temps de la maternité , sous la dir. de Francine Descarries et Corbeil, Christine, p. 132-149. Montréal: Éditions du remue-ménage.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Réfléchir sur l’importance de la parole donnée, elle qui est une condition à l’engendrement des êtres et du savoir.

2. Méthode



Type de traitement des données :
Réflexion critique

3. Résumé


« La mise au monde d’enfant, acte de ’mise en sens’ autant que de ’mise en chair’ et de mise en scène, est l’incarnation même de l’éthique de la parole donnée.
Parole de peau, de regards et de sourires. Parole d’accueil et surtout parole d’honneur. Assurance fondatrice donnée à l’enfant. Bonheur manifeste et partagé de sa bienvenue, qui lui assure la possibilité de lire le monde et d’être lu par lui pour l’articuler et le parler à son tour.
Cette parole donnée passe d’abord par l’intime corps à corps, dont la mise en mots irradie de tous les gestes, de tous les soupirs et de tous les pores, pour constituer la condition même de l’émergence de la parole de l’enfant et de son introduction au monde. Autrement dit, la parole donnée de la mère signe déjà la possible parole de l’enfant.
La naissance, cet enchevêtrement de mise au monde et de naissance à soi-même, se joue en effet d’abord dans la confiance mutuelle, dans cet espoir fragile et constamment renouvelé de l’indéfectibilité de l’Autre, mais néanmoins toujours habité par le doute et par la crainte de la perte. La naissance constitue en effet l’enceinte de cette puissante mise en forme du lien et de la limite, qui constitue le point nodal de notre humanité. En ce sens, l’éthique de la parole donnée nous est vitale.
Ses modalités d’expression contribueront d’ailleurs largement, dès les premiers moments de l’enfant, à la constitution de son identité. En effet, la naissance est tout autant charnière de mise en chair, de mise au monde et mise en sens, que charnière métaphorique de co-naissance et prémisse de conscience, de l’Autre, de soi et du monde. Car c’est dans l’espace de la parole donnée que se noue, ce qui, dans l’expérience première, est indissociable: l’engendrement de l’être et du savoir et plus profondément encore l’engendrement du savoir. » (p. 132)