Pourquoi certains enfants sont incomplètement vaccinés à l’âge de 2 ans?

Pourquoi certains enfants sont incomplètement vaccinés à l’âge de 2 ans?

Pourquoi certains enfants sont incomplètement vaccinés à l’âge de 2 ans?

Pourquoi certains enfants sont incomplètement vaccinés à l’âge de 2 ans?s

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Référence bibliographique [4991]

Boulianne, Nicole, Deceuninck, Genevieve, Duval, Bernard, Lavoie, France, Dionne, Marc, Carsley, John, Valiquette, Louise, Rochette, Louis et De Serres, Gaston. 2003. «Pourquoi certains enfants sont incomplètement vaccinés à l’âge de 2 ans? ». Revue canadienne de santé publique / Canadian Journal of Public Health, vol. 94, no 3, p. 218-223.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Cette étude montre trois choses. Premièrement, l’impact de ne pas donner simultanément les deux injections recommandées à l’âge de 18 mois sur le statut vaccinal des enfants de deux ans au Québec. […] Deuxièmement, certaines caractéristiques permettraient de cibler les enfants plus à risque de ne pas compléter leur vaccination, en particulier l’âge tardif au premier vaccin et la monoparentalité. Finalement, on constate que même si les parents sont généralement favorables à la vaccination, ils ont besoin d’être bien informés sur les avantages et les risques. » (citation tirée de l’article, page non disponible)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« Il s’agit d’une étude transversale réalisée à l’automne 1998 auprès d’un échantillon d’enfants de 2 ans de trois régions du Québec possédant un registre informatisé de vaccination d’une partie ou de la totalité de leur territoire, soit Montréal, Québec et Trois-Rivières. Ces registres de vaccination ont servi de base d’échantillonnage.
Les enfants âgés de 24 à 28 mois ont été sélectionnés sur la base de leur statut vaccinal (complet ou incomplet) tel qu’enregistré dans les fichiers de vaccination. Les enfants devaient avoir reçu quatre doses de DCT-P-Hib (Diphtérie-coqueluche-tétanos-poliomyélite-haémophilus influenza b) et deux doses de RRO (rougeole-rubéole-oreillons) à l’âge de 24 mois pour être considérés comme complètement vaccinés. Les enfants à qui il manquait un ou plusieurs de ces vaccins ou ceux ayant complété leur vaccination après l’âge de 24 mois forment le groupe incomplet. » (citation tirée de l’article, page non disponible)

Instruments :
« Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire postal rempli par un des parents. Les questions étaient fermées avec un choix de réponses sur une échelle de Lickert. Le questionnaire a été prétesté auprès de 10 parents dans le cadre d’un groupe de discussion. La procédure de Dillman a été suivie pour assurer un meilleur taux de réponse. » (citation tirée de l’article, page non disponible)

Type de traitement des données :
Analyse statistique

3. Résumé


« On constate que 80 % des enfants incomplètement vaccinés ont malgré tout reçu 3 vaccins DCT-P-Hib et un vaccin RRO de sorte qu’il manque peu à ces enfants pour obtenir une vaccination complète. De plus, comme une majorité de ces parents montrent une attitude favorable aux vaccins, il est donc envisageable d’améliorer la couverture vaccinale dans cette population avec un minimum d’effort.
Après vérification du statut vaccinal des enfants à l’aide d’autres sources (carnet de vaccination et dossier médical), on note que plus de la moitié des enfants enregistrés comme incomplets ont en réalité reçu la totalité des vaccins recommandés (288/548). D’autres études rapportent ces inexactitudes dans les registres de vaccination. Quoique fort utiles, ces registres doivent être complétés par d’autres sources d’information pour établir le statut vaccinal et le carnet de vaccination semble être un outil approprié.
Le fait saillant de cette étude est l’impact de ne pas administrer le même jour les deux vaccins prévus à 18 mois. Cette pratique explique 46 % des incomplétudes vaccinales des enfants. D’autres études ont d’ailleurs démontré l’effet de cette pratique sur la couverture vaccinale et, dans la perspective de l’ajout de nouveaux vaccins au calendrier et du nombre croissant de doses à chaque visite, il y aurait certainement lieu de sensibiliser les vaccinateurs à l’importance de respecter le calendrier tel que prévu et de les informer qu’une majorité des parents (80 %) sont d’accord avec l’administration simultanée de deux vaccins le même jour. L’utilisation de vaccins combinés ou la réduction du nombre de doses requises sont également des moyens à envisager afin de faciliter le respect du calendrier.
Peu de parents (entre 19 et 25 % selon le statut vaccinal) se disent favorables à la vaccination d’un enfant malade afébrile. De plus, l’étude montre que le fait d’avoir reporté la vaccination pour fausse contre-indication (maladie afébrile ou prise d’antibiotique) n’était pas significativement associé au statut vaccinal. Dans le contexte québécois de gratuité et de bonne accessibilité aux services de vaccination, ces deux résultats laissent entrevoir qu’il est peut-être inutile d’insister sur la recommandation de vacciner un enfant malade afébrile étant donné la réticence des parents. À long terme, cette pratique pourrait nuire à la vaccination en attribuant aux vaccins des effets secondaires qui ne sont que l’histoire naturelle de la maladie dont souffre l’enfant au moment de son immunisation. » (citation tirée de l’article, page non disponible)