L’éponymie et l’adoption dans la tradition inuit du Nunavik : une mise en scène de l’altérité

L’éponymie et l’adoption dans la tradition inuit du Nunavik : une mise en scène de l’altérité

L’éponymie et l’adoption dans la tradition inuit du Nunavik : une mise en scène de l’altérité

L’éponymie et l’adoption dans la tradition inuit du Nunavik : une mise en scène de l’altérités

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Référence bibliographique [4804]

Houde, Élizabeth. 2003. «L’éponymie et l’adoption dans la tradition inuit du Nunavik : une mise en scène de l’altérité». Thèse de doctorat, Québec, Université Laval, Département d’anthropologie.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«En proposant un sens nouveau aux phénomènes de l’éponymie et de l’adoption, cette thèse de doctorat s’inscrit dans une volonté de ramener la ’socialité inuit’ au sein des débats théoriques de l’anthropologie contemporaine.» (p. ii-iii)

2. Méthode


Instruments :
Guide d’entretien
Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


«Cette thèse de doctorat a comme objectif de montrer, chez les Inuit du Nunavik, la capacité; [sic] de l’éponymie et de l’adoption d’organiser, dans un contexte contemporain, la coopération entre les générations, tout en se présentant comme des modes de réglement [sic] de la question de l’altérité; telle que définie par Pierre Legendre. Nous avons opté pour une perspective à la fois diachronique: par l’analyse de données historiques, et synchronique: par l’analyse de données ethnographiques recueillies auprès des femmes inuit [sic] de la cité de l’Ungava. Cette étude puise ses balises théoriques au sein de l’oeuvre de Pierre Legendre qui analyse le phénomène institutionnel dans les sociétés occidentales. Pour Legendre, il n’y a pas de société sans différenciation : toute société doit, pour éviter la démence et le chaos, donner orientation au désir humain en fabriquant de la séparation, de l’écart. Voilà ce que fait le principe d’altérité ou l’Interdit dans toute société: signifier à l’individu qu’il n’est pas l’image toute-puissante et qu’il doit obligatoirement se distancer de lui-même s’il veut accéder à une identité valide. Nous montrons que l’éponymie et l’adoption, par l’entremise des objets de valeur que sont le nom et l’enfant, ont avant tout à charge de mettre le sujet à distance de sa propre image, de lui permettre de symboliser la Référence, et d’entrer dans la différenciation. Ce principe d’altérité s’exprime à travers une logique ’relationnelle’ où l’individu est séparé et individualisé par la façon dont il est institué dans sa relation à l’objet d’échange. Au sein de ce processus, l’individu se présente cependant comme un acteur social ’relativement’ libre et autonome. Le principe d’altérité n’est toutefois pas symbolisé ou écrit une fois pour toutes : l’éponymie et l’adoption sont le théâtre d’un bricolage continu, et travaillées par une ritualité appelée à se transformer. Tout transfert de représentations génère donc au sein d’un système social une lutte, un conflit relevant avant tout de la guerre d’images plutôt que d’un combat à mort à finir entre cultures distinctes. Sans rejeter complètement l’idée que l’éponymie et l’adoption servent à renforcer la cohésion sociale et familiale, à mettre en place des liens de réciprocité, à relier les vivants et les morts, nous mettons l’accent sur certaines idées culturelles entourant ces pratiques sociales, dans l’espoir de situer leur sens et leur pérennité dans un double registre: symbolique et social.» (p. i)