Le rapatriement des réfugiés albanais au Kosovo (1999-2001) : Discours, pratiques et effets sociaux

Le rapatriement des réfugiés albanais au Kosovo (1999-2001) : Discours, pratiques et effets sociaux

Le rapatriement des réfugiés albanais au Kosovo (1999-2001) : Discours, pratiques et effets sociaux

Le rapatriement des réfugiés albanais au Kosovo (1999-2001) : Discours, pratiques et effets sociauxs

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Référence bibliographique [4765]

Lafontaine, Annie. 2003. «Le rapatriement des réfugiés albanais au Kosovo (1999-2001) : Discours, pratiques et effets sociaux». Thèse de doctorat, Montréal (Québec), Université de Montréal, Département d’anthropologie.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
La présente thèse porte sur les effets du rapatriement sur les personnes rapatriées et sur leur milieu social dans le pays de retour.

Questions :
« 1) Pourquoi certains réfugiés ont-ils voulu revenir au Kosovo après le conflit armé et d’autres non et comment ont-ils expérimenté ce rapatriement?
2) Quel sens politique leurs familles restées au Kosovo ont-elles donné aux exils et aux rapatriements? » (résumé, p. iii)

2. Méthode


Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Le rapatriement des réfugiés albanais au Kosovo après les bombardements de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord sur la Réplublique Fédérale de Yougoslavie en 1999 est un phénomène mettant en scène plusieurs acteurs : des personnes déplacées à l’intérieur du Kosovo, des personnes réfugiées dans les pays limitrophes durant le conflit et revenues massivement en 1999, des demandeurs d’asile ayant quitté le Kosovo durant les années 1990 à cause d’un régime ségrégatif imposé par la Serbie et dont le permis de résidence dans différents pays européens était échu depuis la fin du conflit, des institutions internationales organisant les rapatriements volontaires et des gouvernements procédant à des rapatriements volontaires et forcés selon leurs politiques nationales. [...] Le rapatriement a été abordé dans ses deux dimensions : l’expérience des individus en rapport avec des législations et des politiques nationales et internationales, et la conceptualisation du lien identitaire entre les individus qui ont vécu l’exil et ceux qui sont restés au pays. L’analyse est principalement développée à partir de théories du nationalisme (Gellner 1989, Anderson 1996, Hobsbawn 1990, Herzfeld 1997) et de théories critiques sur les phénomènes de migrations et de reterritorialisations identitaires (Appadurai 1996, Malkki 1995a, Gupta et Fergusan 1997).
Le terrain a été réalisé dans la diaspora albanaise nord-américaine (1999) et au Kosovo (2000-1) auprès des différents acteurs (rapatriés, non-rapatriés et institutions) afin de mettre en lumière les différents niveaux de discours et de pratiques liés au rapatriement.
L’enquête a montré qu’il y a un écart entre 1) le principe du rapatriement volontaire promu par des institutions internationales et les pratiques des gouvernements dont les politiques nationales peuvent engendrer des rapatriements forcés, 2) l’idée du rapatriement comme solution durable (le retour dans le milieu d’origine) et l’expérience vécue des personnes rapatriées. Ces deux écarts ont pour effet de 1) contraindre les réfugiés à se conformer à des catégorisations ethniques politico-administratives qui déterminent leur rapatriement ou non, et qui peuvent générer des déplacements secondaires au retour, 2) générer des discours contredisant le principe du rapatriement comme solution durable : l’expérience d’être réfugié dans son propre pays et la souffrance non pas d’en avoir été séparé, mais d’avoir été déplacé de force soit pour le fuir, soit pour le réintégrer.
L’enquête a aussi montré que les personnes ayant résisté à leur rapatriement au Kosovo avaient des motifs économiques, mais que leur choix a eu pour effet de confronter la conception du lien national et familial entretenue au Kosovo à travers un discours de la tradition. La période des rapatriements a mis en évidence la fragmentation du lien social causée par les exils et la contradiction entre le discours normatif du patriotisme et le désir de quitter le Kosovo. » (résumé, p. ii)