L’enfermement asilaire des femmes au Québec : 1873-1921

L’enfermement asilaire des femmes au Québec : 1873-1921

L’enfermement asilaire des femmes au Québec : 1873-1921

L’enfermement asilaire des femmes au Québec : 1873-1921s

| Ajouter

Référence bibliographique [4517]

Thifault, Marie-Claude. 2003. «L’enfermement asilaire des femmes au Québec : 1873-1921». Thèse de doctorat, Ottawa, Université d’Ottawa, Département d’histoire.

Accéder à la publication

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Lever le voile sur le traitement reçu par les femmes internées pour folie à l’asile de St-Jean-de-Dieu au cours des années 1873 à 1921 et insister sur l’importance du rôle de soutien familial pour pallier aux mauvais traitements.

Questions/Hypothèses :
« L’asile n’était pas en mesure de fournir tous les soins et les attentions que prônait l’approche morale préconisée à St-Jean-de-Dieu. De toute évidence, le département des femmes n’a pas eu le même support thérapeutique qu’a bénéficié celui des hommes de l’institution. » (p. 322)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’auteure a consulté les Archives de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine où elle a eu accès à des correspondances entre les familles et les médecins, des dossiers médicaux et au « Registre des idiots de l’Asile de la Providence 1873-1898 » et « Registre de la classification des maladies aliénées, 1873-1898 ». Elle a également consulté l’Habeas Corpus de 1877-1917; les annuaires statistiques de Québec de 1912-1922, 1928; puis le « Traité élémentaire de matière médicale et guide pratique des sœurs de la charité de l’asile de la providence », 3e édition, 1890; les Rapports annuels des inspecteurs d’asiles de la province du Québec, 1874; Rapports annuels des sœurs supérieures de l’hôpital St-Jean-de-Dieu; Rapports annuels des surintendants médicaux de l’Hôpital St-Jean-de-Dieu 1875-1914; Rapports annuels des surintendants médicaux du Protestant Hospital for the insane, 1890-1910. Enfin, les journaux et revues suivants ont été utilisés : « La Minerve », « La Patrie », « La Presse » et « L’union médicale du Canada ».

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Les expériences préasilaires et postasilaires des femmes internées à St-Jean-de-Dieu nous ont surtout été révélées par les témoignages des membres de leur famille. Une correspondance passionnante, colligée dans les dossiers médicaux nous a permis de mettre à jour le quotidien de plusieurs familles souvent dépassées par la responsabilité qu’incombe la garde d’une aliénée. Malgré les tourments, les peurs, les chagrins et les angoisses que leur faisait vivre leur malade, remarquablement, les époux, les mères, les sœurs ou les enfants, ayant demandé l’internement de leur folle, réclamaient rapidement son retour à la maison et cela malgré sa faible contribution au soutien de la cellule familiale. Aussi nombreuses que les hommes à partager l’espace de la cité asilaire, elles n’ont cependant pas pu bénéficier de la même attention médicale qu’eux. Internées pour idiotes, folie ou démence, tout comme leur vis-à-vis masculin, elles étaient toutefois considérées comme des patientes de deuxième classe et elles ont été traitées avec moins de soins que la clientèle masculine. S’il n’avait été de l’obstination des familles des aliénées à demander des bilans de santé mentale et à réclamer leur retour au sein du noyau familial, aucune note médicale ne témoignerait de l’évolution mentale des femmes internées pour folie. C’est dire que la majorité des femmes internées à St-Jean-de-Dieu, sans ressource externe, était oubliée derrière les murs asilaires et avait peu d’espoir de quitter un jour cet univers clos. Plus du tiers des patientes de la Longue-Pointe ont, cependant, pu échapper à ce triste scénario asilaire grâce à l’attention et au soutien de leur famille. » (pp. ii-iii)