La surreprésentation des jeunes Haïtiens dans le système québécois de protection de la jeunesse

La surreprésentation des jeunes Haïtiens dans le système québécois de protection de la jeunesse

La surreprésentation des jeunes Haïtiens dans le système québécois de protection de la jeunesse

La surreprésentation des jeunes Haïtiens dans le système québécois de protection de la jeunesses

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Référence bibliographique [4422]

Bernard, Léonel et McAll, Christopher. 2004. «La surreprésentation des jeunes Haïtiens dans le système québécois de protection de la jeunesse ». Intervention, no 120, p. 117-124.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Dans la foulée des recherches qui ont été menées pour tenter de clarifier le phénomène de la surreprésentation des jeunes des minorités ethniques dans les centres de réadaptation de Montréal, nous avons étudié les trajectoires des jeunes d’origine haïtienne dans le système québécois de protection de la jeunesse. Dans cette recherche qui porte exclusivement sur le système de protection de la justice des mineurs, nous avons cherché à savoir si l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse donne lieu à la discrimination ou à une forme quelconque de traitement différentiel vis-à-vis des jeunes d’origine haïtienne. » (p. 117)

Questions/Hypothèses :
« Diverses questions ont été soulevées au début de la recherche en ce qui concerne les trajectoires spécifiques des jeunes Haïtiens. Les trajectoires de ces derniers résultent-elles des situations de compromission qu’ils confrontent dans leur famille ou de leur comportement dans la société? Résultent-elles des contraintes et des limites de la pratique de protection exercée par les praticiens sociaux? Ou sont-elles le résultat de pratiques discriminatoires, ou d’une quelconque forme de traitement différentiel dont ils seraient l’objet?
Le processus décisionnel mis en œuvre à l’égard de ces jeunes soulève, à son tour, un certain nombre de questions. Les jeunes Haïtiens sont-ils davantage signalés à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) que les jeunes Québécois? Les signalements des jeunes Haïtiens sont-ils davantage retenus ou pas? Les jeunes Haïtiens signalés à la DPJ font-ils davantage l’objet de retrait familial d’urgence? Restent-ils davantage hors de leur famille une fois qu’ils y ont été retirés d’urgence? Font-ils davantage l’objet de judiciarisation? Font-ils davantage l’objet de recommandation de placement une fois qu’ils ont été judiciarisés? Quels sont les facteurs qui sont pris en compte pour déterminer si les jeunes Haïtiens doivent être retirés d’urgence de leur famille ou y rester; demeurer placés ou retourner dans leur famille après leur retrait d’urgence de leur famille; bénéficier de mesures volontaires ou être judiciarisés; être recommandés pour un placement ou pour un retour dans leur famille? » (p. 118)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« Nous avons […] constitué une cohorte de 200 jeunes, soit les 100 premiers jeunes Québécois et les 100 premiers jeunes Haïtiens signalés sur l’île de Montréal à partir du 30 septembre 1996 à minuit. Pour chaque signalement, un questionnaire a été rempli par la praticienne à l’accueil qui l’a reçu, nonobstant le fait que celui-ci soit retenu ou non. Chaque signalement retenu a été ensuite acheminé avec un questionnaire vers l’étape suivante, soit à l’évaluation-orientation ou à l’application des mesures. Ce questionnaire a été rempli à son tour, nonobstant le fait que la situation signalée soit jugée fondée ou non, ou compromettante ou non pour le développement ou la sécurité du jeune. Commencée le 30 septembre 1996, l’opération de cueillette des données s’est terminée en juin 1997. » (p. 119)

Instruments :
Questionnaire

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« [Les résultats de l’étude] suggèrent que les trajectoires [des jeunes Haïtiens dans les centres de réadaptation à Montréal] sont marquées par la discrimination ’indirecte’ et ’systémique’ ainsi que par la stigmatisation. Toutefois, les similitudes observées à l’accueil et à l’évaluation-orientation, concernant notamment la prise en compte de ’l’intérêt de l’enfant’ et l’application des préceptes de protection, donnent à penser que la finalité des pratiques sociales de protection exercées à l’égard des deux groupes de jeunes [québécois et haïtiens] est axée sur les principes de protection de l’enfant. Ce serait, entre autres choses, le déficit enregistré par des parents haïtiens au chapitre des ’pouvoirs sociaux fondamentaux’ tels que décrits par Bourdieu […], les limites du concept de ’sujet de droit’ appliqué à l’enfant, la ’visibilité’ du comportement des jeunes Haïtiens et les limites des pratiques sociales de protection en contexte de pauvreté qui semblent contribuer à la discrimination et à la stigmatisation des jeunes Haïtiens dont nous avons suivi les trajectoires dans le système de protection de la jeunesse. » (p. 123)