Femmes et migration en Côte d’Ivoire : le mythe de l’autonomie

Femmes et migration en Côte d’Ivoire : le mythe de l’autonomie

Femmes et migration en Côte d’Ivoire : le mythe de l’autonomie

Femmes et migration en Côte d’Ivoire : le mythe de l’autonomies

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Référence bibliographique [3845]

Comoe, Elise Fiédin. 2005. «Femmes et migration en Côte d’Ivoire : le mythe de l’autonomie ». Étude de la population africaine / African Population Studies, vol. 20, no 1, p. 89-117.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Cette recherche vise à montrer le rôle des rapports de genre dans les conditions de départ en migration, principalement le mode de décision et le motif principal de la migration. » (p. 91)

Questions/Hypothèses :
« Nous posons comme hypothèse que le genre est le principal facteur explicatif de la décision et du motif principal de la migration des hommes et des femmes. Ainsi, les femmes migrent essentiellement dans le cadre de leurs rôles familiaux et sociaux (mariage, suivre un membre de la famille); par ailleurs, le conjoint et les parents sont les principales personnes qui décident de leur migration. À la différence des femmes, les hommes sont plus indépendants de la famille, ils migrent pour des motifs économiques et décident personnellement de leur migration. » (p. 91)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Les données de l’Enquête Ivoirienne sur les Migrations et l’Urbanisation (EIMU) de 1993

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« En Côte d’Ivoire, comme dans d’autres pays africains, les migrations traditionnellement dominées par les hommes se féminisent progressivement. Les résultats de l’Enquête Ivoirienne sur les Migrations et l’Urbanisation (1993) indiquent clairement que les femmes migrent presque autant, sinon plus, que les hommes, notamment en ce qui concerne les migrations urbaines. Parallèlement à cette forte migration féminine, se déroulent d’autres processus dont celui de l’autonomisation des femmes migrantes très longtemps négligées et considérées comme des ’migrantes passives’. Des études récentes montrent que les femmes sont de plus en plus autonomes dans leur migration par rapport à la famille, d’autres insistent sur le rôle déterminant des rapports de genre qui obligent les femmes à migrer en association avec un autre membre de sa famille. Dans ce contexte, comment interpréter l’importante migration féminine actuelle? Est-elle le signe d’une plus grande autonomie ou alors la conséquence de l’affaiblissement du contrôle familial et social? S’agit-il d’une évolution des migrations en général ou tout simplement d’une mutation de la situation et des aspirations personnelles des femmes? Quels liens peut-on établir entre ces migrations et les relations de genre? Cet article réexamine la question de l’autonomie des femmes dans la migration. L’analyse est axée sur la prise de décision et le motif de la migration […]. Elle montre que pour les femmes, la famille et les rôles sexuels restent déterminants dans la capacité à prendre une décision individuelle ou pour faire une migration économique indépendante. L’autonomie des femmes dans la migration est par conséquent très limitée et reste un mythe. » (p. 89)