Mouvements fusionnels et rejetants et influence des angoisses paranoïdes et dépressives dans l’expérience maternelle de deux états-limites

Mouvements fusionnels et rejetants et influence des angoisses paranoïdes et dépressives dans l’expérience maternelle de deux états-limites

Mouvements fusionnels et rejetants et influence des angoisses paranoïdes et dépressives dans l’expérience maternelle de deux états-limites

Mouvements fusionnels et rejetants et influence des angoisses paranoïdes et dépressives dans l’expérience maternelle de deux états-limitess

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Référence bibliographique [3373]

Turcotte, Stéphanie. 2005. «Mouvements fusionnels et rejetants et influence des angoisses paranoïdes et dépressives dans l’expérience maternelle de deux états-limites». Thèse de doctorat, Montréal, Université de Montréal, Département de psychologie.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Dans le cadre de cette thèse inscrite dans une perspective psychanalytique, nous réfléchissons aux enjeux pouvant teinter la maternité psychique de certaines femmes présentant un trouble de personnalité limite. Plus spécifiquement, nous nous intéressons aux attitudes maternelles rejetantes et fusionnelles repérables dans le discours de deux mères états-limites, et aux éléments de leur fonctionnement intrapsychique pouvant sous-tendre ces attitudes. » (p. iii)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« Notre étude de cas porte sur deux femmes, Carole et Élise (noms fictifs), pour lesquelles nous avons posé un diagnostic non seulement d’organisation limite de la personnalité, mais aussi de trouble de personnalité limite. » (p. 21)

Instruments :
- Le Symptom Checklist-90-R (Derogatis, 1994);
- « L’Entrevue diagnostique révisée pour troubles limites de la personnalité » (Gunderson et Zanarini, 1989);
- Le Rorshach;
- La« Montreal Transference-Countertransference Measure » (Bouchard, 1998; Bouchard, Audet, St-Amand, Picard et Wiethaeuper, 1997);
- « La grille portant sur les états mentaux du patient (Bouchard et al., 1998) » (p. 42);
- Guide d’entretien semi-directif;
- L’Échelle d’anxiété de séparation maternelle (Hock, Mc Bride et Gnezda, 1989);
- L’Indice de stress parental (Abidin, 1995);
- Questionnaire de renseignements généraux.

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Au plan théorique, nous proposons une réflexion au sujet du processus de séparation-individuation traversé par toute dyade mère-enfant, en insistant sur les particularités reconnues comme teintant spécifiquement ce processus chez les mères états-limites. Pour ce faire, nous présentons entre autres une théorie déterminante, soit celle de Masterson et Rinsley (1975) voulant que la mère état-limite renforce la dépendance chez son enfant et le rejette lorsqu’il s’autonomise. Toutefois, en postulant que la pathologie état-limite se retrouve sur un continuum allant de la psychose à la névrose, nous nous demandons s’il est effectivement possible que certaines mères états-limites, plus vulnérables à l’expérience psychotique du fait d’une plus grande porosité des frontières du moi, vivent sereinement les demandes régressives de leurs enfants, c’est-à-dire sans émergence significative d’angoisse paranoïde. Pour discuter de fragilité psychotique, nous nous référons aux critères du diagnostic structural énoncés par Otto Kernberg ainsi qu’à la théorie de Mélanie Klein au sujet des relations d’objet propres à la position schizoparanoïde. Ainsi, l’analyse qualitative des résultats obtenus auprès de deux mères présentant justement une fragilité psychotique nous amène à émettre l’hypothèse qu’un tableau inverse de celui décrit par Masterson et Rinsley (1975) peut aussi exister chez certaines mères états-limites, soit une tendance au rejet d’un enfant perçu comme dépendant et demandant, enfant duquel on attend ici une autonomie trop précoce. Plutôt que de discuter principalement de l’influence de l’angoisse d’abandon de la mère état-limite, nous soulignons l’ampleur de l’influence de l’angoisse paranoïde chez certaines de ces mères et expliquons pourquoi nous croyons que la fragilité psychotique de celles-ci sous-tend leur intolérance face à la dépendance perçue chez leurs enfants. Nous discutons finalement des implications possibles d’une confirmation de nos hypothèses dans le cadre d’études futures, comme l’importance d’accorder une attention particulière aux angoisses paranoïdes lors du traitement des mères états-limites ou encore de proposer systématiquement, à titre préventif, une prise en charge thérapeutique des patientes états-limites fortement paranoïdes lors de la période postnatale. » (pp. iii-iv)