Se créer des ancêtres : un parcours généalogique nord-américain, XIXe et XXe siècles

Se créer des ancêtres : un parcours généalogique nord-américain, XIXe et XXe siècles

Se créer des ancêtres : un parcours généalogique nord-américain, XIXe et XXe siècles

Se créer des ancêtres : un parcours généalogique nord-américain, XIXe et XXe siècless

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Référence bibliographique [3260]

Caron, Caroline-Isabelle. 2006. Se créer des ancêtres : un parcours généalogique nord-américain, XIXe et XXe siècles. Sillery (Québec): Septentrion.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Ce présent livre cherche à suivre le processus de […] création [des images mythiques des ancêtres que l’on retrouve dans les textes généalogiques,] et les fonctions qu’elles remplissent au fil des ans et des cultures. » (p. 11)

Questions/Hypothèses :
« Ce livre cheminera du XIXe siècle jusqu’à nos jours avec la certitude déjà bien établie que les trente dernières années du XXe siècle marqueront de profonds changements dans la pratique de la généalogie en Amérique du Nord. À chaque étape, j’examinerai le contexte historique et commémoratif qui a donné naissance aux techniques et aux institutions qui facilitent aujourd’hui le travail des généalogistes. Le fil des chapitres reconstituera l’histoire à la fois d’une lignée et de ceux qui se réclament d’elle. La démocratisation de la généalogie affectera l’équilibre entre l’auteur et son auditoire. À mesure que se constituent et se solidifient les cadres de la pratique généalogique comme les familles souches, les individus généalogistes perdent de leur autonomie narrative. En somme, pour faire l’historiographie de l’histoire d’une famille, il faut pouvoir départager l’universel du relatif, la culture généalogique des influences personnelles, c’est-à-dire du contexte biographique. » (pp. 17-18)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« [L]’ensemble des textes à tendance généalogique et historique, écrits et publiés par les descendants (réels ou autoproclamés) des frères wallons Jesse (c1580-1624) et Gerard de Forest (1583-1654) [sont utilisés]. Publiés depuis le dernier tiers du XIXe siècle, les textes sont relativement bien distribués au long de la période […]. Ces écrits sur une période de près de 140 ans émanent de la Nouvelle-Angleterre et de l’État de New York, du Québec et d’Acadie, avec quelques textes de la Louisiane et d’Ontario. »

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Dans le premier chapitre, je présenterai ma théorie et mon approche conceptuelle de la généalogie. Une fois cette étape nécessaire derrière nous, le livre passera directement à l’étude de cas. Le chapitre deux présente la genèse de cette histoire généalogique sous la plume du romancier américain John William de Forest (1826-1906). Il fut le premier descendant à tenter de reconstituer l’histoire familiale. Le chapitre suivant examine comment l’histoire des De Forest, en particulier celle de Jesse de Forest, fut récupérée par les organisateurs des trois fêtes du tricentenaire de New York (en 1909, 1914 et 1924). Ces deux derniers chapitres démontrent bien comment la pratique généalogique nord-américaine dépendait alors de fonctions aussi politiques que personnelles et familiales. Avec le chapitre quatre, le livre se tourne vers les généalogistes du Québec et d’Acadie descendant de Michel de Forest. Ils se sont approprié et ont adapté pendant la première moitié du XXe siècle l’histoire généalogique constituée par les auteurs américains. Ces pionniers de la généalogie au Canada français ont créé une histoire des ancêtres qui est largement inventée, mais néanmoins considérée comme vraie. Le chapitre final s’attarde enfin sur les travaux écrits suivant la démocratisation de la généalogie depuis les années 1970 et montre comment ils modifient l’histoire des ancêtres Forest et De Forest à l’examen de nouvelles sources, selon différents contextes. En somme, les deux derniers chapitres soulignent comment les auteurs ont organisé la trame de l’histoire des Forest et constitué des narrations cohérentes. La conclusion présentera ce que cette étude de cas montre sur la fonction de la généalogie dans notre société. » (p. 19)