Facteurs reliés au choix de la partenaire qui portera l’enfant chez de futures mères lesbiennes

Facteurs reliés au choix de la partenaire qui portera l’enfant chez de futures mères lesbiennes

Facteurs reliés au choix de la partenaire qui portera l’enfant chez de futures mères lesbiennes

Facteurs reliés au choix de la partenaire qui portera l’enfant chez de futures mères lesbienness

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Référence bibliographique [2457]

Leblond de Brumath, Annie et Julien, Danielle. 2007. «Facteurs reliés au choix de la partenaire qui portera l’enfant chez de futures mères lesbiennes ». Revue canadienne des sciences du comportement / Canadian Journal of Behavioural Science, vol. 39, no 2, p. 135-150.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Cette étude exploratoire vise à explorer « le niveau de détresse psychologique des mères, afin de vérifier si une telle variable individuelle peut être associée au choix de la conjointe qui portera l’enfant. Le niveau d’adaptation conjugale est aussi mesuré afin d’examiner si la plus grande insatisfaction des co-mères suggérée dans les études existantes est présente avant la naissance de l’enfant. Nous examinerons aussi le partage des tâches ménagères et la division du pouvoir décisionnel entre les partenaires de couple. Finalement, le degré de coming out et le soutien au couple provenant de l’entourage des participantes seront considérés dans la sphère sociale. » (p. 138)

Questions/Hypothèses :
« Nous émettons l’hypothèse que les mères-porteuse seront plus avancées en âge et qu’elles auront un revenu plus faible, comparativement à leur conjointe. Deuxièmement, concernant la sphère parentale, nous formulons les hypothèses suivantes : a) la future mère biologique attribuera plus d’importance à son rôle parental et moins d’importance à son rôle professionnel que ne le fera sa conjointe, b) la future mère biologique attribuera plus de valeur au fait d’avoir un enfant que la future co-mère, et c) les couples prévoiront que la mère biologique exécutera plus de tâches parentales, comparativement à sa conjointe. Troisièmement, en ce qui concerne la sphère sociale, nous nous attendons à ce que chez les couples ayant choisi un géniteur connu, la mère-porteuse ait un niveau de divulgation plus élevé et entretienne une meilleure relation avec ses parents que sa conjointe, puisque ces derniers seront plus susceptibles d’être impliqués auprès de la famille. » (p. 138)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« Un total de 25 couples lesbiens francophones (50 partenaires), de la région de Montréal et ses environs ont répondu à [l’annonce]. » (p. 138)

Instruments :
- L’« Échelle de mesure des manifestations de la détresse psychologique (ÉMMDP23, Massé et al., 1998a) »;
- le « Test d’ajustement conjugal, version française du Marital Adjustment Test (MAT) de Locke et Wallace (1959) »;
- le « Questionnaire sur les sources de désaccords (Bourgeois, Sabourin & Wright, 1990), version française validée du Spouse Observation Checklist (Patterson, 1976) »;
- le « Questionnaire sur la résolution des conflits (QRC, Laferrière & Bouchard, 1993), une traduction française validée du Conflict Tactics Scale (CTS, Straus, 1979) »;
- le questionnaire « Qui fait quoi, traduction française par notre équipe de recherche du Who does what (Cowan & Cowan, 1990a) »;
- le « Questionnaire sur les rôles de vie, soit une version traduite par notre équipe de recherche du Pie Questionnaire (Cowan & Cowan, 1990b) »;
- le « Questionnaire sur la valeur d’un enfant correspond à une adaptation française, effectuée par notre équipe de recherche, du Value of Children Scale (Siegenthaler & Bigner, 2000) »;
- une « Liste des différents membres de l’entourage, inspirée de Otis, Ryan & Chouinard (1999) »;
- le « Questionnaire sur le soutien au couple (Chartrand, 1995), inspiré du Social Reaction Index (Lewis, 1973) »;
- le « Questionnaire d’intimité, version traduite par notre équipe de recherche du Intimacy Scale (Walker & Thompson, 1983) ». (pp. 139-142)

Type de traitement des données :
Analyse statistique

3. Résumé


« Cette étude examine les facteurs associés au choix de la mère-porteuse chez les couples de femmes lesbiennes ayant le projet d’avoir un enfant par insémination. Cinquante partenaires de couples (25 couples) ont complété des questionnaires évaluant diverses dimensions individuelles, conjugales, parentales et sociales associées à la parentalité. Des analyses de la variance des dimensions ont examiné l’effet de deux facteurs, soit le type de mère (biologique/non biologique) et le mode de procréation (géniteur connu/inconnu). Les résultats montrent que les futures mères biologiques sont plus âgées que leur conjointe, accordent moins d’importance à leur rôle professionnel et prévoient d’assumer plus de tâches parentales. De plus, les couples ayant recours à un géniteur connu vivent plus de détresse psychologique comparativement aux couples ayant choisi un géniteur anonyme. Cette étude suggère que le choix de la partenaire qui portera l’enfant chez les couples de femmes lesbiennes pourrait être déterminé par des facteurs les prédisposant à adopter des rôles parentaux particuliers et à s’investir différemment auprès de l’enfant. » (p. 135)