’Nous ne voulons pas que nos héritiers soient à la merci des tiens’ : famille, patrimoine et entreprise chez les Rolland, 1880-1980

’Nous ne voulons pas que nos héritiers soient à la merci des tiens’ : famille, patrimoine et entreprise chez les Rolland, 1880-1980

’Nous ne voulons pas que nos héritiers soient à la merci des tiens’ : famille, patrimoine et entreprise chez les Rolland, 1880-1980

’Nous ne voulons pas que nos héritiers soient à la merci des tiens’ : famille, patrimoine et entreprise chez les Rolland, 1880-1980s

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Référence bibliographique [2377]

Nootens, Thierry. 2007. «’Nous ne voulons pas que nos héritiers soient à la merci des tiens’ : famille, patrimoine et entreprise chez les Rolland, 1880-1980 ». Revue d’Histoire de l’Amérique Française, vol. 61, no 1, p. 5-35.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Cet article analyse la trajectoire des Rolland, dynastie d’entrepreneurs francophones oeuvrant dans l’industrie papetière. Les interactions réunissant trois logiques institutionnelles, celles de la famille, de la transmission des biens et de l’entreprise capitaliste, sont au centre de l’attention.» (p.5)

Questions/Hypothèses :
«De quelle manière l’imbrication des rapports créés par la parenté, l’héritage et la participation à des entreprises capitalistes pouvait engendrer des dynamiques familiales particulières?» (p.9)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Données documentaires diverses, dont plusieurs actes notariés et pièces judiciaires liées à l’entreprise familiale.

Type de traitement des données :
Réflexion critique

3. Résumé


«L’histoire familiale des Rolland montre autant des périodes de cohérence entre rapports familiaux, héritages et activités entrepreneuriales que des moments où ces trois données clés de leur existence entrent en contradiction. D’où la survenance de conflits parfois exacerbés. Tout en rappelant de fructueuses collaborations père-fils, le testament de Jean-Baptiste Rolland (1885) prévoit de manière précise la poursuite de ses entreprises, auxquelles ses héritiers mâles devront consacrer leurs efforts. Toutefois, les années qui suivent son décès sont les témoins de l’éclatement de la symbiose entre famille et affaires voulue par le patriarche. Cela à l’occasion des litiges mettant en scène un de ses fils, Donatien, dont l’éthique de travail est jugée déficiente. Le début du XXe siècle montre à son tour une désagrégation relative de la lignée. L’apparition d’héritiers moins liés aux affaires familiales fait sentir ses effets, alors que certaines clauses complexes et contraignantes du testament de Jean-Baptiste finissent par poser de sérieux problèmes à cette même époque. Au milieu du XXe siècle, on assiste à une nouvelle intégration entre famille et monde des affaires, à la suite des efforts menés en commun par une fratrie spécifique de successeurs. Par contre, à la fin des années 1970, deux membres de cette fratrie connaissent des difficultés financières et désirent retirer leurs actifs investis dans l’entreprise, pour planifier à leur convenance leur propre succession. Le conflit les opposant alors à leur frère, figure dominante des entreprises Rolland, sera profond. Les disputes observées, en somme, empruntent deux formes. La première est interpersonnelle (ou intrafamiliale) et met en jeu principalement la compétence ou l’incompétence postulée des individus. La seconde, moins éclatante, est de nature diachronique et renvoie à l’entrechoquement des temporalités différenciées des parcours individuels, des testaments et des aléas du capitalisme.» (pp.5-6)