Vieillir au masculin. Entre déprise et emprise des normes de genre

Vieillir au masculin. Entre déprise et emprise des normes de genre

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Référence bibliographique [21582]

Charpentier, Michèle et Quéniart, Anne. 2019. «Vieillir au masculin. Entre déprise et emprise des normes de genre». Dans Figures du vieillir et formes de déprise , sous la dir. de Anastasia Meidani et Cavalli, Stefano, p. 305-325. Toulouse (France): ÉRÈS.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Ce chapitre présente «une étude exploratoire sur les expériences du vieillissement d’hommes aînés au Québec, qui s’appuie sur les assises théoriques et méthodologiques [des] recherches [des autrices] auprès des femmes; une approche qualitative, féministe et intersectionnelle.» (p. 306)

Questions/Hypothèses :
L’étude tente de répondre aux questions suivantes: «[q]u’est-ce que vieillir pour les hommes québécois âgés de 65 ans et plus? Comment les normes associées au genre masculin interviennent-elles dans leurs représentations et leurs vécus du vieillissement?» (p. 307)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Les autrices ont «rencontré vingt-deux hommes âgés de 65 ans et plus et vivant au Québec, qui ont tous répondu à une annonce diffusée dans plusieurs milieux universitaires et communautaires. Les hommes sont âgés de 65 à 92 ans, avec une moyenne d’âge de 77, 5 ans: treize appartiennent à la catégorie des 65 à 79 ans, et neuf à la génération des 80 ans et plus.» (p. 311)

Instruments :
Guide d’entretien semi-directif

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


Les résultats révèlent que le «vieillissement renvoie les hommes à une masculinité normative qui exige d’eux d’être et de rester “utiles”, “actifs” et “performants”. Les propos des hommes interrogés rendent compte de l’intériorisation de cet idéal masculin; très peu s’en distancient. Alors que le Québec est reconnu pour ses avancées sociales et égalitaires au niveau des rapports de genre, il est surprenant de constater que les modèles de masculinité hégémonique […] sont encore aussi prégnants et dominants chez les hommes aînés interviewés, et ce dans toutes les dimensions explorées: rapports au corps, au travail, à la vieillesse, au couple, à la société.» (p. 324) Une des figures «du vieillissement utile et actif au masculin est l’engagement dans la grand-parentalité. La majorité des hommes rencontrés tendent à être “utiles” au sein de leur famille et à aider leurs enfants en occupant des fonctions de gardiennage et en assurant une présence auprès de leurs petits-enfants. Dès lors, ils ont le sentiment d’accomplir un autre rôle social, celui de grand-père. Le rapport que les répondants entretiennent avec leurs petits-enfants s’inscrit en tension avec celui qu’ils ont entretenu avec leurs enfants. [En effet], les hommes âgés ayant fortement investi l’univers du travail ont souvent eu moins de temps et d’énergie pour développer et entretenir des relations étroites avec leurs enfants pendant la période de leur “vie active”.» (p. 319-320)