Sur les traces de la mémoire seigneuriale au Québec : identité et transmission au sein des familles d’ascendance seigneuriale

Sur les traces de la mémoire seigneuriale au Québec : identité et transmission au sein des familles d’ascendance seigneuriale

Sur les traces de la mémoire seigneuriale au Québec : identité et transmission au sein des familles d’ascendance seigneuriale

Sur les traces de la mémoire seigneuriale au Québec : identité et transmission au sein des familles d’ascendance seigneuriales

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Référence bibliographique [21082]

Grenier, Benoît. 2019. «Sur les traces de la mémoire seigneuriale au Québec : identité et transmission au sein des familles d’ascendance seigneuriale ». Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 72, no 3, p. 5-40.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Cette «enquête sur la mémoire seigneuriale vise [à] consigner [certains] pans d’une culture familiale issue de la transmission d’une conscience de soi propre aux anciennes familles seigneuriales.» (p. 8)

Questions/Hypothèses :
L’auteur formule «l’hypothèse d’une culture familiale distinctive, érigée sur une mémoire et une filiation enracinées dans l’histoire et dans la terre des anciennes seigneuries.» (p. 10)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’auteur a «parcouru plus de 15 000 kilomètres dans le territoire ''seigneurial'' du Québec, [le] conduisant dans 16 anciennes seigneuries, du Bic à Vaudreuil et de Saint-Georges-de-Beauce à Terrebonne en passant par la région de Portneuf. Les témoins (20 hommes et 14 femmes), dont l’âge varie entre 8 et 95 ans, [lui] ont permis de rencontrer une dizaine de familles dont certaines mieux représentées que d’autres.» (p. 14)

Instruments :
Guide d’entretien semi-directif

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


L’auteur conclut que cette «culture familiale se manifeste par une identité fortement ancrée au terroir ancestral, par une conscience de soi dans la longue durée et par des valeurs qui participent à l’idéal nobiliaire canadien: honneur, sens de l’engagement, bilinguisme...» (p. 39) L’analyse montre que le «mode de vie seigneurial ne s’éteint pas, loin s’en faut, avec l’abolition. La construction de nombreux manoirs seigneuriaux, à l’époque de l’abolition et après celle-ci, rappelle bien que les familles seigneuriales continuent à jouir d’une autorité symbolique sur les populations de leurs fiefs.» (p. 23) De plus, «les familles rencontrées révèlent une conscience d’elles-mêmes dans la durée, plusieurs se revendiquant d’ailleurs de l’ancêtre de la lignée.» (p. 28) «De cet héritage seigneurial découlent [également] des valeurs ''nobiliaires'' qui sont clairement énoncées par plusieurs des témoins rencontrés.»(p. 31) Par exemple, un trait présent «chez presque toutes les familles rencontrées et qui peut certainement être interprété comme une originalité du groupe seigneurial canadien, c’est le bilinguisme.» (p. 34) Finalement, l’analyse montre «nettement une rupture située autour des années 1950-1960, que la plupart attribuent aux changements sociaux de la Révolution tranquille. […] Les individus nés après 1950 ont tous mis de l’avant cette rupture entre leur génération et celle de leurs parents, en termes de statut social et de rapports aux autres.» (p. 39)