« Je ne suis pas une cougar! » Quand l’âgisme et le sexisme compliquent l’expression du désir sexuel féminin

« Je ne suis pas une cougar! » Quand l’âgisme et le sexisme compliquent l’expression du désir sexuel féminin

« Je ne suis pas une cougar! » Quand l’âgisme et le sexisme compliquent l’expression du désir sexuel féminin

« Je ne suis pas une cougar! » Quand l’âgisme et le sexisme compliquent l’expression du désir sexuel féminins

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Référence bibliographique [21023]

Alarie, Milaine. 2019. «« Je ne suis pas une cougar! » Quand l’âgisme et le sexisme compliquent l’expression du désir sexuel féminin ». Recherches Féministes, vol. 32, no 1, p. 49-70.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
Dans cet article, l’auteure explore la façon dont certaines «femmes imaginent la “cougar” et les raisons pour lesquelles elles adoptent ou rejettent cette étiquette. [Elle] examine, du même coup, la manière dont elles parlent de leurs propres relations intimes hypogamiques en ce qui a trait à l’âge, le tout dans le but de mettre en lumière la négociation des normes en matière de sexualité et de choix conjugaux dans laquelle s’engagent les femmes à travers leurs discours.» (p. 50)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’échantillon est composé de 55 «femmes âgées de 30 à 60 ans et ayant (ou ayant récemment eu) un ou des partenaires intimes plus jeunes qu’elles […].» (p. 50) «L’étude a été menée dans l’agglomération de Montréal […].» (p. 55)

Instruments :
Guide d’entretien semi-directif

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


Les résultats révèlent que peu de femmes aiment être qualifiées de cougar. Leur malaise face à ce terme «est largement influencé par certaines facettes du script culturel traditionnel relatif à la sexualité, soit l’association entre la valeur des femmes, la jeunesse et la beauté, l’(in)acceptabilité de l’expression des désirs sexuels chez la femme et l’injonction culturelle à la passivité féminine dans le processus initial de séduction. L’étude permet aussi de poser un regard sur la façon dont les femmes qui entretiennent des relations intimes avec des hommes plus jeunes négocient, à travers leurs discours, certaines des attentes normatives sexistes et âgistes en matière de sexualité et de choix conjugaux. [Par exemple], le discours des participantes illustre le combat intérieur que ressentent nombre de femmes quant à la place qu’elles doivent accorder à leur apparence physique dans l’évaluation de leur propre valeur aux yeux des hommes. On sent à plusieurs moments que les participantes ont intériorisé l’idée reçue selon laquelle le vieillissement a un effet dépréciateur sur la beauté féminine et, conséquemment, sur la valeur d’une femme.» (p. 61) «Au final, les propos des participantes illustrent la façon dont l’âgisme complexifie le travail de négociation des attentes normatives en matière de sexualité que doivent entreprendre les femmes qui entretiennent des relations intimes avec des hommes plus jeunes afin de s’affirmer comme sujet de désir, tout en évitant d’être stigmatisée.» (p. 62)