Quand papa reste lui aussi à la maison : congé de paternité, genre et parentalité

Quand papa reste lui aussi à la maison : congé de paternité, genre et parentalité

Quand papa reste lui aussi à la maison : congé de paternité, genre et parentalité

Quand papa reste lui aussi à la maison : congé de paternité, genre et parentalités

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Référence bibliographique [20033]

Rehel, Erin M. 2016. «Quand papa reste lui aussi à la maison : congé de paternité, genre et parentalité». Dans Retombées économiques et sociales du régime québécois d’assurance parentale : bilan de dix années d’existence , sous la dir. de Sophie Beauchemin, p. 81-86. Québec: Gouvernement du Québec, Conseil de gestion de l’assurance parentale.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Cet article présente les constats d’une étude plus globale sur l’évolution des notions de paternité, de masculinité et de conciliation travail-famille au Canada et aux États-Unis.» (p. 81) «Cet article explore l’influence des politiques sur la parentalité en comparant la façon dont les pères ayant pris un long congé de paternité et ceux qui ne l’ont pas fait parlent de ce sujet. Pour illustrer que ce sont les politiques, et non les croyances ou préférences personnelles, qui influencent la façon dont ils perçoivent la parentalité, je présente également certains constats sur les facteurs qui incitent les nouveaux pères à prendre un congé ou non.» (p. 82)

Questions/Hypothèses :
«[C]omment cette prise de congé influence-t-elle la façon dont les pères envisagent et vivent l’expérience de la parentalité?» (p. 81)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«Pour mener cette étude en 2012 et 2013, j’ai interviewé 50 hommes et 35 de leurs partenaires, engagés dans une relation hétérosexuelle stable et ayant eu au moins un enfant depuis 2006. Tous ces hommes travaillaient pour la même entreprise de services financiers et vivaient soit à Montréal (Québec), soit à Toronto (Ontario), soit à Chicago (Illinois). Chacune de ces villes présente une politique de congé familial distincte: les pères de Montréal avaient droit au RQAP [Régime québécois d’assurance parentale], ceux de Toronto avaient accès aux prestations du Régime d’assurance-emploi, et tous les pères de Chicago étaient admissibles aux prestations de la Family and Medical Leave Act.» (p. 81)

Type de traitement des données :
Réflexion critique

3. Résumé


«La création d’un environnement qui permet aux mères et aux pères de vivre plus semblablement la transition à la parentalité a le potentiel formidable de répartir plus équitablement les responsabilités du soin des enfants entre les partenaires des couples hétérosexuels, et ce, même après la fin du congé de paternité. La prise d’un long congé remet en question le caractère supposément naturel des capacités parentales supérieures des femmes en accordant aux hommes le temps d’éprouver un sentiment analogue alors qu’ils vivent à fond l’expérience de la parentalité, s’y investissent pleinement, étant libérés de leurs responsabilités professionnelles. Les pères peuvent ainsi passer du rôle d’aidant à celui de coparent, une constatation qui concorde tout à fait avec les recherches démontrant qu’une participation rapide et continue des hommes au soin des enfants mène à leur plus grande implication à long terme […]. Les conclusions de cette étude font ressortir l’importance des politiques gouvernementales de congé familial qui offrent des semaines de congé rémunéré distinctes tout autant aux nouvelles mères qu’aux nouveaux pères. Ce type de politique encourage davantage d’hommes à saisir cette occasion de demeurer à la maison avec leur nouveau-né, ce qui mène ultimement à des taux accrus de coparentalité et à une division du travail, rémunéré ou non, plus équitable entre les hommes et les femmes dans l’ensemble des familles nord américaines.» (p. 85-86) L’auteure note que «[l]a politique parentale québécoise a grandement encouragé les nouveaux pères à prendre ce congé […].» (p. 84)