Et si les conjoints ne partageaient pas tous leurs revenus? Conséquences sur la mesure des inégalités du bien-être

Et si les conjoints ne partageaient pas tous leurs revenus? Conséquences sur la mesure des inégalités du bien-être

Et si les conjoints ne partageaient pas tous leurs revenus? Conséquences sur la mesure des inégalités du bien-être

Et si les conjoints ne partageaient pas tous leurs revenus? Conséquences sur la mesure des inégalités du bien-êtres

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Référence bibliographique [19802]

Crespo, Stéphane. 2017. «Et si les conjoints ne partageaient pas tous leurs revenus? Conséquences sur la mesure des inégalités du bien-être ». Cahiers québécois de démographie, vol. 46, no 1, p. 73-99.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Notre objectif est d’estimer les conséquences, sur la mesure des inégalités du bien-être, qui découlent de la possibilité, négligée dans le cadre statistique officiel, que ce bien-être varie à l’intérieur des familles du fait de modes de gestion individualisée des revenus.» (p. 75)

Questions/Hypothèses :
L’auteur pose les trois questions de recherche suivantes: «1) Quels sont les effets des modalités de gestion individualisée des revenus sur les niveaux d’inégalité intrafamiliale? 2) Comment les effets des modalités de gestion individualisée des revenus sur les niveaux d’inégalité intrafamiliale ont-ils évolué au cours des dernières décennies? 3) Quels sont les biais, dans les estimations de l’inégalité totale, qui résultent de la non prise en compte de l’inégalité intrafamiliale?» (p. 76)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«Les données proviennent des fichiers maîtres de l’Enquête sur les finances des consommateurs (EFC) pour les années 1979, 1984, 1989 et 1994, de l’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu (EDTR) pour les années 1994, 1999, 2004 et 2009, et de l’Enquête canadienne sur le revenu (ECR) de Statistique Canada, pour l’année 2014. L’univers des simulations est restreint aux couples de moins de 65 ans sans enfants, et provenant du Québec. Les couples retenus sont formés de conjoints de sexes opposés.» (p. 82)

Type de traitement des données :
Analyse statistique

3. Résumé


Dans l’étude ci-présente, «on a vu dans quelle mesure une inégalité survient dès qu’au moins un conjoint retient une part de son revenu pour sa propre consommation, et augmente graduellement, à mesure que cette part s’élève. Les modalités caractérisées par une égalité entre les parts des deux conjoints entraînent une inégalité intrafamiliale moindre que celles par lesquelles un conjoint adopte un comportement d’individualisation financière plus marqué que l’autre, retenant ainsi une part plus importante de son propre revenu que l’autre. En particulier, lorsque le conjoint masculin retient une part plus grande de son revenu que la conjointe, une inégalité nettement plus élevée s’en suit que lorsque c’est la conjointe qui est dans cette situation. […] De plus, nous avons fait ressortir, à l’aide de séries historiques, que les conséquences des modalités de gestion individualisée des revenus sur l’inégalité intrafamiliale étaient plus importantes il y a plusieurs décennies qu’à l’époque actuelle et ce, en raison d’écarts plus prononcés entre les revenus selon le sexe des conjoints. Enfin, nous avons estimé les biais dans l’inégalité totale qui découlent de la non prise en compte de l’inégalité intrafamiliale. Nous avons trouvé que ces biais sont non négligeables.» (p. 95)