Les mariages entre autochtones et Blancs : luttes d’intérêt et définition d’une frontière identitaire à Kahnawake, 1830-1851

Les mariages entre autochtones et Blancs : luttes d’intérêt et définition d’une frontière identitaire à Kahnawake, 1830-1851

Les mariages entre autochtones et Blancs : luttes d’intérêt et définition d’une frontière identitaire à Kahnawake, 1830-1851

Les mariages entre autochtones et Blancs : luttes d’intérêt et définition d’une frontière identitaire à Kahnawake, 1830-1851s

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Référence bibliographique [19539]

Vien, Marie Lise. 2016. «Les mariages entre autochtones et Blancs : luttes d’intérêt et définition d’une frontière identitaire à Kahnawake, 1830-1851 ». Recherches amérindiennes au Québec, vol. 46, no 1, p. 63-74.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Cet article met en lumière la façon dont les événements en cours dans la communauté mohawk de Kahnawake dans les décennies 1830 et 1840, territoire alors appelé ''seigneurie du Sault Saint-Louis'', ont contribué à l’évolution des normes qui encadrent les mariages entre Mohawks et Blancs et, ce faisant, ont amené les législateurs à introduire un biais sexiste dans les premières lois sur les Indiens.» (p. 64)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’auteure se base sur des documents d’archives, particulièrement sur des pétitions formulées par des habitants de la communauté de Kahnawake.

Type de traitement des données :
Analyse de contenu
Réflexion critique

3. Résumé


«Dans la première moitié du XIXe siècle, il se trouve au Sault Saint-Louis des gens dont les intérêts économiques et politiques les amènent à vouloir renégocier les traditions sur lesquelles s’appuie la société. Dans le cadre du conflit sur la licence de traverse, certains d’entre eux tirent avantage à jouer de concert avec les instances coloniales pour promouvoir une conception raciale biologique et patriarcale des institutions du mariage et de la famille. […] C’est ainsi que, dans les années 1830, le débat sur l’intégration d’étrangers dans la communauté se déplace depuis les Blancs venus de l’extérieur, vers ces ''Blancs'' qui sont nés au village et ont été éduqués par des mères autochtones. Et dans un contexte de pression croissante sur les terres autochtones, ce discours sert l’intérêt collectif de protection de l’intégrité territoriale. De plus, l’administration coloniale impose un modèle de compréhension de la société qui s’appuie sur des critères de race et de genre, alors qu’elle modifie la distribution des présents et légifère sur la question territoriale autochtone. Elle s’avère cependant sensible aux discours conflictuels en circulation dans les communautés autochtones, dont Kahnawake, alors que la loi de 1850 et l’amendement de 1851 véhiculent respectivement une définition de l’Autochtone qui admet l’intégration d’étrangers par le mariage autochtones-Blancs, et l’autre qui les rejette grâce à l’introduction d’un biais sexiste.» (p. 72)