Le maintien des liens familiaux lors de l’incarcération : une souffrance nécessaire?

Le maintien des liens familiaux lors de l’incarcération : une souffrance nécessaire?

Le maintien des liens familiaux lors de l’incarcération : une souffrance nécessaire?

Le maintien des liens familiaux lors de l’incarcération : une souffrance nécessaire?s

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Référence bibliographique [1873]

Lalonde, Ninon. 2008. «Le maintien des liens familiaux lors de l’incarcération : une souffrance nécessaire?». Dans Actes du colloque international Le pénal aujourd’hui : pérennité ou mutations / Proceedings of the Punishment Today: Permanence or Mutation International Conference , sous la dir. de Marion Vacheret, Jendly, Manon, Mary, Philippe, Quirion, Bastien et Robert, Dominique, p. 229-242. Actes du colloque « Le pénal aujourd’hui : pérennité ou mutations » tenu à Montréal les 5-6-7 décembre 2007. Montréal: Centre international de criminologie comparée.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« À partir du moment où la personne se retrouve dans une situation de privation de liberté et de privations multiples, qu’elle se retrouve également isolée et exclue de la collectivité, il convient de se questionner sur l’effectivité du maintien des relations familiales et sur les conditions dans lesquelles ces relations se concrétisent. C’est pour répondre à ces questions que nous nous sommes penchés sur l’expérience des détenus quant au maintien de leurs relations familiales. » (p. 230)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’auteure a interviewé 28 détenus dont la moitié a des enfants.

Instruments :
Guide d’entretien non directif

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Certaines caractéristiques inhérentes à l’institution carcérale – isolement, privations, contrôle, coercition − engendrent un effritement de l’essence même des liens familiaux des détenus. Cette perte de profondeur des rapports familiaux se manifeste par une incapacité pour les détenus d’assumer leurs différentes fonctions sociales. L’enjeu du maintien des relations familiales réside dans la difficile conciliation entre surveillance et intimité. Or, les établissements carcéraux sont maintenant considérés comme relativement ouverts et offrant des possibilités d’échanges avec l’extérieur. Mais, le statut de détenu associé à celui de contrevenant, de manipulateur et de dangereux prédomine encore et entache le statut de citoyen, ce qui rend difficile l’exercice réel des fonctions sociales. Cette contradiction entre la perception d’une prison perméable et transparente et l’impossibilité pour les détenus d’assumer leurs rôles sociaux nous amène à poser la question suivante : L’expérience des détenus quant au maintien des liens familiaux, illustre-t-elle davantage le caractère total de l’institution carcérale plutôt que son effritement ? » (p. 239)