L’Entente multisectorielle en protection de la jeunesse -Trajectoire judiciaire et victimologique

L’Entente multisectorielle en protection de la jeunesse -Trajectoire judiciaire et victimologique

L’Entente multisectorielle en protection de la jeunesse -Trajectoire judiciaire et victimologique

L’Entente multisectorielle en protection de la jeunesse -Trajectoire judiciaire et victimologiques

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Référence bibliographique [17865]

Gauthier, Maryse. 2015. «L’Entente multisectorielle en protection de la jeunesse -Trajectoire judiciaire et victimologique». Mémoire de maîtrise, Québec, Université Laval, Département de service social.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«L’Entente multisectorielle est un mécanisme de concertation qui vise à garantir une meilleure protection et à apporter l’aide nécessaire aux enfants victimes d’abus sexuels, de mauvais traitements physiques ou d’une absence de soins menaçant leur santé physique. Son application au Québec relève principalement des Centres jeunesse, des instances policières et des procureurs. Quoique cette entente soit en vigueur depuis plus de dix ans, on ignore toujours si elle répond à son objectif initial. Cette recherche questionne les capacités d’une telle Entente de parvenir à ses fins de protection, pour les enfants et leurs familles. Elle entend démontrer qu’à certains égards, son application peut au contraire donner lieu à des risques de victimisation secondaire.» (p. iii)

Questions/Hypothèses :
«[Q]uelles sont les différences et similitudes entre les ententes multisectorielles en abus physiques et celles en abus sexuels sur le plan des caractéristiques de l’enfant, de sa famille, de l’abuseur et de l’abus, de l’histoire de maltraitance de l’enfant et des différents éléments de preuve? [Q]uelles caractéristiques, parmi celles énumérées, permettent de distinguer entre toutes les situations d’abus physiques et sexuels, celles pour lesquelles des accusations criminelles seront portées ou pas?» (p. 2)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«La population à l’étude est composée de l’ensemble des situations d’abus physiques et sexuels ayant fait l’objet d’une entente multisectorielle au Centre jeunesse de Québec-Institut universitaire (CJQ-IU) entre le 1er avril 2011 et le 31 mars 2012.» (p. 38) L’échantillon compte 222 cas. «Dans cette recherche, deux bases de données principales ont été utilisées. La première est la Plateforme Intégration Jeunesse (PIJ), qui appartient au ministère de la Santé et des Services Sociaux. […] La deuxième banque de données est la Plateforme informationnelle sur le bien-être de l’enfant (PIBE). Il s’agit d’un projet de standardisation et de validation de données cliniques conçu spécifiquement pour la recherche (Gouvernement du Québec, 2012).» (p. 40)

Type de traitement des données :
Analyse statistique

3. Résumé


«Les résultats montrent la pertinence de traiter les abus physiques et sexuels comme deux réalités distinctes en raison de leurs caractéristiques propres. D’une part, la recension des écrits fait ressortir que ces problématiques sont différentes à plusieurs égards, notamment en ce qui a trait au profil des enfants et des abuseurs, à la structure familiale ou au contexte éducatif dans lequel l’enfant évolue. D’autre part, les données obtenues dans cette recherche appuient la pertinence de tenir compte des distinctions entre ces deux types d’abus en contexte de criminalisation, particulièrement sur le plan des caractéristiques de l’abus, de l’abuseur, de l’histoire de maltraitance et des éléments de preuve. Les analyses statistiques font ressortir sept éléments permettant de distinguer les situations d’abus physiques avec et sans accusations criminelles: le besoin de soins psychologiques, le nombre moyen de preuves, les aveux de la victime, les ‘autres types de preuves’, l’âge de l’enfant, son niveau de scolarité et le fait de recevoir un coup de pied, un coup de poing ou de se faire mordre. […] Dans le cas des abus sexuels, il n’a pas été possible de déterminer quelles caractéristiques permettaient de prédire les accusations criminelles. […] On a [tout de même] observé que les enfants du groupe avec accusations étaient surtout des filles provenant de familles recomposées et demeurant chez leur père au moment de l’application de l’Entente multisectorielle. Dans ce même groupe, l’abuseur est la plupart du temps un membre de la famille recomposée.» (p. 122)