Charivari et justice populaire au Québec

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Référence bibliographique [17823]

Hardy, René. 2015. Charivari et justice populaire au Québec. Québec: Septentrion.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Ce livre veut retracer le long parcours [du charivari,] cette forme de justice populaire depuis ses origines en Nouvelle-France jusqu’à son déclin dans les dernières décennies du XIXe siècle et sa disparition de la mémoire collective au cours des années 1960. Rituel fréquent et commun de justice populaire durant cette longue période, le charivari n’en est pas l’unique forme. Inventorier et étudier tout ce que les classes populaires ont utilisé comme moyens de se faire justice en marge des pouvoirs constitués, tel est l’autre objectif poursuivi ici.» (p. 8)

Questions/Hypothèses :
«[Q]uelle singularité pour le charivari d’ici et pourquoi a-t-il disparu?» (p. 246)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Cette étude repose sur l’analyse de procès et autres documents judiciaires impliquant des charivaris. D’autres sources premières sont analysées comme des journaux d’époque et des documents tirés dans d’archives de différentes institutions religieuses à travers tout le Québec.

Type de traitement des données :
Analyse de contenu
Réflexion critique

3. Résumé


«Le long rappel des origines européennes du charivari qui a été esquissé dans le chapitre premier a permis de mettre l’accent sur la spécificité du rituel dans chacune des cultures où il a pris forme et à partir desquelles il fut transmis à l’Amérique. […] Transplanté au Québec à partir de ces cultures souches, il fallait s’attendre à y trouver une certaine singularité adaptée aux valeurs dominantes. Toutes les particularités du charivari européen ne se retrouvent pas ici, soit qu’elles aient disparu dans le cours de l’évolution de la coutume, soit qu’elles ne se soient jamais implantées.» (p. 247) L’auteur observe que «[la] vieille coutume du charivari ne pourra résister lorsque la valorisation de l’individu et du privé aura progressé suffisamment pour se substituer à l’esprit communautaire, cette conscience vieille de plusieurs siècles et partagée par tous les milieux sociaux d’être les gardiens des valeurs collectives.» (p. 249) Dans le cinquième chapitre, l’auteur se penche sur les cibles et les fonctions de ce ritue,l et montre que l’occasion privilégiée pour organiser un charivari est lors d’un mariage. À cet égard, il prétend que ce rituel sert à «[f]aire respecter les normes coutumières dans la formation des couples, punir une sexualité déviante, sanctionner la mésentente, la rupture ou la brutalité dans les relations mari et épouse, et bien d’autres comportements jugés inadmissibles au sein du couple.» (p. 150)