Parentalisation contrariée chez les jeunes désaffiliés : Quand devenir parent est synonyme d’autoexclusion

Parentalisation contrariée chez les jeunes désaffiliés : Quand devenir parent est synonyme d’autoexclusion

Parentalisation contrariée chez les jeunes désaffiliés : Quand devenir parent est synonyme d’autoexclusion

Parentalisation contrariée chez les jeunes désaffiliés : Quand devenir parent est synonyme d’autoexclusions

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Référence bibliographique [17502]

Baret, Caroline et Gilbert, Sophie. 2015. «Parentalisation contrariée chez les jeunes désaffiliés : Quand devenir parent est synonyme d’autoexclusion ». Recherches familiales, vol. 12, p. 263-277.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Cet article présente les résultats d’une recherche sur la parentalisation de jeunes ‘de la rue’ en situation de désaffiliation familiale et sociale. Notre objectif vise à mieux comprendre l’influence de l’expérience de la parentalité (le vécu subjectif lié au fait de devenir parent) sur la pratique de la parentalité.» (p. 263)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’étude est basée sur la participation de 12 parents (6 pères et 6 mères) en difficulté psychosociale, avec ou sans la garde de leur enfant, recrutés par l’entremise de l’organisme communautaire montréalais Dans la Rue.

Instruments :
Guide d’entretien semi-directif

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


À la lumière de leurs recherches, les auteures mentionnent que «[l]es trois dynamiques émergeant de notre analyse – le syndrome parental transfuseur-transfusé, l’intolérable sentiment d’aliénation, le deuil problématique et ses complications – […] peuvent se superposer, rendant le processus d’affiliation avec leur enfant d’autant plus conflictuel. Si ces jeunes s’inscrivent dans un processus de parentalisation dont les enjeux sont partagés par tout parent en devenir, la conflictualité spécifique de leur expérience serait à comprendre en lien avec les caractéristiques de leur histoire familiale et le contexte actuel de leur parentalisation. Les traumatismes, deuils et souffrances non métabolisés et réactualisés dans la relation avec leur enfant semblent les amener à fuir la conflictualité et à s’exclure en tant que parent, dans un contexte où le soutien extérieur vient à manquer ou paraît difficile à solliciter. [La recherche montre aussi que] le manque de ressources, l’isolement et la difficulté de mentaliser ses difficultés peuvent amener le jeune à s’extraire d’une conflictualité psychique trop éprouvante en renonçant à son rôle de parent, au moins momentanément pense-t-il. Les parents déserteurs que nous avons rencontrés semblent tous préoccupés par leur enfant et leur devenir, malgré le placement ou la délégation parentale. En prenant en compte cet investissement parental et ses aléas, il s’agit d’adapter au mieux les interventions afin de les soutenir dans leur processus de devenir parent.» (p. 273-274)