La sexualité comme pratique et rapport social chez les couples paysans du Saguenay, 1860-1930

La sexualité comme pratique et rapport social chez les couples paysans du Saguenay, 1860-1930

La sexualité comme pratique et rapport social chez les couples paysans du Saguenay, 1860-1930

La sexualité comme pratique et rapport social chez les couples paysans du Saguenay, 1860-1930s

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Référence bibliographique [12174]

Bouchard, Gérard. 2000. «La sexualité comme pratique et rapport social chez les couples paysans du Saguenay, 1860-1930 ». Revue d’Histoire de l’Amérique Française, vol. 54, no 2, p. 183-217.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«[L]’article analyse la sexualité dans le couple paysan saguenayen entre 1860 et 1930 en tant qu’elle s’inscrivait dans un important rapport social.» (p. 183)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«[N]ous avons surtout exploité plusieurs corpus de données orales, recueillies auprès de personnes âgées (hommes et femmes, en proportion à peu près égale, ayant au moins 75 ou 80 ans au moment des entretiens). Ce sont d’abord 150 entrevues en profondeur (d’une durée moyenne de deux heures environ) réalisées sous notre direction entre 1979 et 1995 et se rapportant en très grande partie au thème de cet essai, et un autre corpus de 140 entrevues à caractère plus général que nous avons effectuées personnellement entre 1968 et 1990 […]. Ce sont ensuite plus de 900 histoires de vie conservées aux Archives nationales du Québec à Chicoutimi (ANQC) et recueillies entre 1930 et 1980 (plusieurs d’entre elles témoignent des premières années du peuplement saguenayen, vers le milieu du XIXe siècle) par des membres de la Société historique du Saguenay. […] Nous avons également utilisé une partie d’un corpus de 30 entrevues réalisées en 1982, avec notre assistance (conception du questionnaire, structure et suivi du projet), dans le cadre du projet Filles de Maria. […] À cela s’ajoutent un corpus de 56 entretiens à caractère plus général, effectués en 1983 par Marc St-Hilaire auprès de personnes âgées, ainsi que des entrevues prolongées que nous avons pu réaliser au cours des dernières décennies à l’occasion de nombreuses rencontres avec une douzaine de personnes âgées, qu’on peut considérer ici comme des témoins privilégiés. […] Enfin, nous avons mis à profit quelques recueils saguenayens d’histoires de vie ainsi que les premiers résultats d’une thèse de doctorat en cours (Josée Gauthier) sous notre direction et portant sur le rituel de la naissance. Quelques autres sources seront signalées en cours de route— notamment un corpus de 300 entrevues sur le rituel du mariage, réalisées à l’échelle du Québec dans le cadre d’un projet de l’IREP [Institut de Recherches et d’Études publicitaires].» (p. 187-188)

Type de traitement des données :
Analyse de contenu
Réflexion critique

3. Résumé


«Les données utilisées livrent des aperçus détaillés sur divers aspects de la sexualité avant et dans le mariage, notamment la grande ignorance chez les jeunes, la force des interdits et la flexibilité, sinon les contradictions, des règles morales selon qu’elles s’appliquaient à l’homme ou à la femme. Il en ressort que celle-ci était, de diverses façons, l’objet d’une violence psychologique et physique. Au chapitre de la contraception, l’analyse présente un éventail de techniques et moyens utilisés même en régime de fécondité dite naturelle. Elle démontre l’existence, chez la femme, d’une volonté précoce de limiter le nombre des naissances et d’opposer une certaine résistance à la norme sociale et morale. […] Le texte explore aussi le rapport social régissant les comportements sexuels dans le mariage. Une importante distinction est proposée entre la sexualité proprement dite, qui serait sous le contrôle de l’homme principalement (fréquence, modalités des rapports), et la procréation, dont la responsabilité relèverait surtout de la femme. Celle-ci se trouverait ainsi coincée entre les attentes du mari à l’échelle microsociale et les impératifs de l’Église et de l’État à l’échelle macrosociale. L’auteur pense qu’en définitive, la domination de la femme découlait plus de facteurs sociétaux que de la dynamique conjugale proprement dite.» (p. 183-184)