Faire entendre sa voix : l’adolescent en crise et le roman québécois récent

Faire entendre sa voix : l’adolescent en crise et le roman québécois récent

Faire entendre sa voix : l’adolescent en crise et le roman québécois récent

Faire entendre sa voix : l’adolescent en crise et le roman québécois récents

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Référence bibliographique [11802]

Letendre, Daniel. 2012. «Faire entendre sa voix : l’adolescent en crise et le roman québécois récent ». Tangence, no 98, p. 101-121.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«[C]et article interrogera ce nouveau paradoxe — en plusieurs points similaire à celui qui nourrissait les écrivains des années 1960-1970 — de la littérature québécoise, qui fait du père absent et silencieux, le catalyseur d’une révolte à sa manière féconde et fondatrice.» (p. 103)

Questions/Hypothèses :
L’auteur «soumet l’hypothèse selon laquelle cette crise d’adolescence, qui se caractérise par un détournement de l’héritage de la parole et du silence du père, serait peut-être aussi celle de la littérature québécoise d’aujourd’hui, qui désire prendre ses distances par rapport à l’héritage imposant des figures tutélaires des lettres d’ici.» (p. 101)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’auteur «analyse des personnages d’adolescents en lutte contre leur père écrivain, notamment dans les derniers romans de Marie-Claire Blais et dans La bête du lac de Martin Thibault […].» (p. 101)

Type de traitement des données :
Analyse littéraire

3. Résumé


«On voit bien, par le parallèle entre les adolescents et la position, dans l’histoire littéraire, de la littérature d’aujourd’hui, que ce que Nepveu identifiait comme le paradoxe constitutif de la littérature québécoise est toujours à l’œuvre: cette littérature québécoise qui n’arrivait pas à naître autrement que dans sa propre négation, qui trouvait son origine dans un manque, est encore prisonnière de cette dynamique qui la pousse à vouloir abolir ce qui la fonde. Or les personnages ‘d’adolescents-révoltés-enfants-d’écrivains’ indiquent […] qu’il existe une ‘famille’ assez fortement structurée pour qu’il y ait héritage et tentative de détournement de l’héritage, que la littérature québécoise a finalement une institution fondée sur des œuvres-phares, solides et puissantes, puisqu’on peut s’y (op)poser. Or, toujours sous l’emprise de l’héritage étouffant des prédécesseurs, la littérature québécoise récente n’arrive pas encore tout à fait à se donner naissance par elle-même, à tirer ‘sa légitimité.» (p. 120) «[L]e roman québécois doit peut-être retourner aux fondements de sa mémoire, à ses origines, pour s’y attaquer, pour réécrire son histoire à travers les mots des autres, en s’infiltrant et en pervertissant les mots des pères pour parvenir, dans et par l’écriture, à finalement se donner naissance, à ‘retrouver [une] pure présence à soi et au réel’» (p. 121)