''Quelque longue que soit l’absence'' : procurations et pouvoir féminin à Québec au XVIIIe siècle

''Quelque longue que soit l’absence'' : procurations et pouvoir féminin à Québec au XVIIIe siècle

''Quelque longue que soit l’absence'' : procurations et pouvoir féminin à Québec au XVIIIe siècle

''Quelque longue que soit l’absence'' : procurations et pouvoir féminin à Québec au XVIIIe siècles

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Référence bibliographique [11395]

Grenier, Benoît et Ferland, Catherine. 2013. «''Quelque longue que soit l’absence'' : procurations et pouvoir féminin à Québec au XVIIIe siècle ». Clio. Femmes, Genre, Histoire, vol. 37, no 1, p. 197-225.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Le présent article expose les résultats d’une recherche sur les procurations octroyées aux femmes de la ville de Québec et de sa proche campagne entre 1700 et 1765. [N]ous avons pu réaliser une étude prosopographique des procuratrices en documentant pour chacune: le moment de la vie où est octroyée la procuration, le rapport avec le mandant et, le plus souvent, le contexte rendant nécessaire ce transfert circonstanciel de pouvoir.» (p. 198)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
Les auteurs analysent «265 procurations notariées à Québec entre 1700 et 1765 et dont la mandataire est une femme.» (p. 202)

Type de traitement des données :
Analyse statistique

3. Résumé


Selon les auteurs, «[s]achant que l’octroi d’une procuration à une femme s’inscrit dans la dynamique familiale, il est possible de pousser davantage la réflexion relative à la relation de confiance qu’elle implique, en particulier entre époux. Tout d’abord, le départ du mari impose un évident pragmatisme et les épouses sont mises à contribution quelles que soient les circonstances. La mobilité des personnes fait peu de cas des aléas de la vie familiale. L’épouse, en dépit de circonstances que l’on pourrait imaginer contraignantes et peu propices à cette prise de pouvoir temporaire (grossesse et mortalité infantile en particulier), est pourtant au cœur des décisions qui concernent la famille, ce que révèle l’analyse croisée des actes de procuration et des registres de l’état civil.» (p. 217-218) «Le choix des conjoints et le milieu socioprofessionnel dont sont issues les procuratrices (souvent le même que celui du mari) contribuent vraisemblablement à alimenter cette confiance malgré l’absence d’une connaissance mutuelle bien établie. Il est raisonnable de croire que cette capacité d’action et de décision que l’on prête aux procuratrices témoigne d’une compétence acquise auprès des parents avant même le mariage. Les motivations présidant au choix d’une épouse, en particulier au sein des groupes favorisés, incluent certainement ce facteur de “compétence”.» (p. 221)