Les abus sexuels comme systèmes sociaux producteurs de prostitution

Les abus sexuels comme systèmes sociaux producteurs de prostitution

Les abus sexuels comme systèmes sociaux producteurs de prostitution

Les abus sexuels comme systèmes sociaux producteurs de prostitutions

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Référence bibliographique [10320]

Dufour, Rose. 2011. «Les abus sexuels comme systèmes sociaux producteurs de prostitution». Dans Colloque international sur l’exploitation sexuelle des enfants et les conduites excessives , sous la dir. de Alain Gariépy, p. 136-144. Actes du colloque « L’Exploitation sexuelle des enfants et les conduites excessives » tenu à La Malbaie du 31 mai au 2 juin 2011.Terrebonne (Québec): Institut québécois de sexologie clinique et Théâtre québécois d’expression créative.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Il ne s’agit pas d’une étude de l’inceste ou des abus sexuels pour eux-mêmes, non plus que des conditions parentales de ces abus sexuels, mais de leurs effets et de leurs conséquences sur le devenir des petites filles qui ont subi ces violences extrêmes.» (p. 136)

Questions/Hypothèses :
«On sait que les femmes prostituées sont nombreuses à avoir été sexuellement abusées et on sait aussi que toutes les femmes prostituées n’ont pas été sexuellement abusées et que toutes les femmes abusées n’en viennent pas nécessairement à se prostituer. Qu’est-ce qui agit donc dans un sens ou dans l’autre? Comment ces ‘effractions corporelles à caractère sexuel’ […] ont-elles conduit ces femmes à se prostituer?» (p. 137)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’échantillon comprend «[…] vingt femmes qui en sont venues à se prostituer […]» (p. 136)

Instruments :
Guide d’entretien

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


Selon l’auteure, «[l]orsque l’on examine l’ensemble des processus rattachés à ces incestes, toutes ces formes d’effractions corporelles à caractère sexuel […] on peut tenter de caractériser métaphoriquement le rapport que ces femmes entretiennent avec leur corps; dire autrement les choses pour tenter de les comprendre. Ainsi, les femmes du premier groupe se comportent comme si leur corps ne leur appartenait pas; les femmes du deuxième groupe n’ont d’autre valeur que cette seule valeur sexuelle qui leur a été accordée : elles ne sont que ce corps et les femmes du troisième groupe font usage de leur corps pour sa valeur monétaire. On remarque qu’au fur et à mesure que ces filles sont exploitées sexuellement par des personnes moins proches au plan de la parenté ou pour lesquelles elles n’ont pas d’attachement privilégié, les déterminants sociaux qui les conduisent à la prostitution pèsent de plus en plus lourd. Il faut souligner à ce titre la fragilité des jeunes adolescentes issues de familles d’accueil qui se retrouvent dans la rue. La fin des programmes sociaux à 18 ans est pour elles une catastrophe. C’est moins ici l’aspect économique que la dimension relationnelle, l’encadrement, l’appui, le sentiment d’appartenance, l’émulation, etc., qui sont visés car, dans un contexte où les parents font totalement défaut, ce sont ces programmes sociaux qui ont la responsabilité de suppléer à leur absence.» (p. 142)