Faire face à l’usage de substances psychoactives au Nunavik : amalgame de traditions et pratiques modernes

Faire face à l’usage de substances psychoactives au Nunavik : amalgame de traditions et pratiques modernes

Faire face à l’usage de substances psychoactives au Nunavik : amalgame de traditions et pratiques modernes

Faire face à l’usage de substances psychoactives au Nunavik : amalgame de traditions et pratiques moderness

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Référence bibliographique [10288]

Plourde, Chantal, Brunelle, Nathalie et Landry, Michel. 2010. «Faire face à l’usage de substances psychoactives au Nunavik : amalgame de traditions et pratiques modernes ». Drogues, santé et société, vol. 19, no 1, p. 77-119.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«L’objet de cet article concerne le volet qualitatif de l’étude et consiste à rapporter et à organiser le plus fidèlement possible les points de vue des Nunavimmiut sur l’état des services en matière de toxicomanie au Nunavik et sur ce qui devrait être développé afin de mieux rejoindre la population et ainsi améliorer les pratiques de prévention et de réadaptation.» (p. 87)

Questions/Hypothèses :
«Qu’en est-il du modèle de l’abstinence et des stratégies de réduction des méfaits dans le contexte inuit? Que pensent les jeunes, les parents, les leaders et les aînés de l’état actuel des services en toxicomanie dans le Nord québécois. Quelles sont les stratégies de résolution de problèmes privilégiées par les Inuits?» (p. 78)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«Notre échantillon se compose de participants en provenance de quatre communautés du Nunavik […] 109 personnes ont été rencontrées pour un entretien de recherche. L’échantillon se compose de 59 femmes et de 50 hommes […], répartis en cinq groupes: étudiants, décrocheurs, parents, leaders, aînés.» (p. 88)

Instruments :
Guide d’entretien semi-directif

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


Les auteurs concluent que «[l]’intervention en toxicomanie semble principalement évoluer selon une logique d’abstinence et d’interdit qui se situe dans ce cas-ci essentiellement sur le pôle des croyances. Cette intervention privilégie la disponibilité du service ou la bonne volonté des gens qui travaillent, bénévolement ou non […]. Ceci présente des limites importantes puisque l’offre de services n’évolue pas selon les besoins populationnels, mais plutôt selon une logique de la disponibilité basée sur la confiance. Cette réponse sanitaire non articulée autour des besoins, mais bien aléatoirement autour de l’offre, nous préoccupe fortement. Par ailleurs, plusieurs forces en présence, dont le haut niveau de conscience sociale du problème de la toxicomanie au Nunavik et la volonté d’améliorer l’offre de services […], favorisent l’implantation d’une démarche qui s’inscrit dans une perspective d’empowerment […]. Au-delà des contraintes sociopolitiques et géographiques qui limitent l’offre de services en toxicomanie, le fait demeure qu’il faut sortir du paradigme qui s’applique à notre compréhension habituelle de la question. En effet, le contexte culturel s’avère un des facteurs les plus puissants à considérer dans la réflexion au sujet des services au Nunavik. Les traditions et structures de contrôle traditionnelles devraient reprendre ou maintenir leurs lettres de noblesse et précéder légitimement toute offre de services dite ‘moderne’ et s’y intégrer. […] En ce sens, la valorisation des stratégies inuites de résolution de problèmes mérite d’être considérée comme une avenue privilégiée et non comme une solution de rechange.» (p. 113-114) À noter que la tradition familiale et le milieu familial sont étudiés dans cette recherche. Les antécédents familiaux et l’importance du soutien familial sont aussi abordées comme facteurs d’incidence sur la toxicomanie.